Le Beau et l’agréable – Texte de Kant

Pour ce qui est de l’agréable, chacun reconnaît que le jugement par lequel il déclare qu’une chose lui plaît, étant fondé sur un sentiment particulier, n’a de valeur que pour sa personne. C’est pourquoi, quand je dis que le vin des Canaries est agréable, je souffre volontiers qu’on me reprenne et qu’on me rappelle que je dois dire seulement qu’il m’est agréable ; et cela ne s’applique pas seulement au goût de la langue, du palais et du gosier, mais aussi à ce qui peut être agréable aux yeux et aux oreilles de chacun. Pour celui-ci la couleur violette est douce et aimable, pour celui-là elle est terne et morte. Tel aime le son des instruments à vent, tel autre celui des instruments à corde. Ce serait folie de prétendre contester ici et accuser d’erreur le jugement d’autrui lorsqu’il diffère du nôtre, comme s’ils étaient opposés logiquement l’un à l’autre ; en fait d’agréable, il faut donc reconnaître ce principe que chacun a son goût particulier (le goût de ses sens).

Il en est tout autrement en matière de beau. Ici, en effet, ne serait-il pas ridicule qu’un homme, qui se piquerait de quelque goût, crût avoir tout décidé en disant qu’un objet (comme, par exemple, cet édifice, cet habit, ce concert, ce poème soumis à notre jugement) est beau pour lui ? Car il ne doit pas appeler beau ce qui ne plaît qu’à lui. Beaucoup de choses peuvent avoir pour moi de l’attrait et de l’agrément, personne ne s’en inquiète ; mais lorsque je donne une chose pour belle, j’attribue aux autres la même satisfaction ; je ne juge pas seulement pour moi, mais pour tout le monde, et je parle de la beauté comme si c’était une qualité des choses. Aussi dis-je que la chose est belle, et si je m’attends à trouver les autres d’accord avec moi dans ce jugement de satisfaction, ce n’est pas que j’ai plusieurs fois reconnu cet accord, mais c’est que je crois pouvoir l’exiger d’eux. Jugent-ils autrement que moi, je les blâme, je leur refuse le goût, tout en exigeant pourtant d’eux qu’ils le possèdent. On ne peut donc pas dire ici que chacun a son goût particulier. Cela reviendrait à dire qu’il n’y a point de goût, c’est-à-dire qu’il n’y a point de jugement esthétique qui puisse légitimement réclamer l’assentiment universel.

Emmanuel Kant, Critique de la faculté de juger (1790), § 7

Explication :

Dire que la beauté d’une chose, œuvre d’art ou autre, dépend du goût de chacun, voilà bien une idée totalement répandue et qu’on entend proférer toujours avec une assurance tranquille. Par là, on veut dire que rien n’est en soi beau, que rien n’est beau objectivement, et que tout dépend du jugement du spectateur. Que la beauté n’est pas un état de la chose, mais qu’elle est un vécu subjectif de celui qui l’éprouve. Or, puisque pour ce qui est des sentiments, nous sommes différents, alors il s’ensuit que nous ne qualifions pas de belles ou laides les mêmes choses. Pourtant, l’expérience intime de la beauté ne se vit pas tant comme un simple plaisir qu’on éprouverait que comme une rencontre avec quelque chose qui nous dépossède de nous-même, devant laquelle nous nous effaçons personnellement. Comme si la beauté était une propriété de la chose qui s’imposait à nous. Alors pourquoi cette idée immédiate et commune selon laquelle la beauté n’est qu’une question de plaisir éprouvé par le spectateur? Kant dans notre texte répond à ce problème en disant que c’est parce que nous confondons deux plans, celui de l’agréable et celui du beau. Disant que c’est à juste titre que le relativisme règne dans le domaine de l’agréable, mais « qu’il en va tout autrement du beau » (l.13). Le problème du texte est donc de savoir si c’est à juste titre qu’on peut affirmer que l’expérience esthétique (du beau) est distincte de l’expérience hédoniste (de l’agréable), et nous devrons alors comprendre comment il est possible d’affirmer ce qui choque l’opinion commune : qu’un jugement esthétique puisse légitimement prétendre à l’universalité.

Ce qui intéresse Kant dans ce texte, c’est de décrire la spécificité de l’expérience esthétique. Et pour cela, il la distingue de quelque chose de beaucoup plus connu : l’expérience hédoniste, qui consiste à dire que telle ou telle expérience d’un objet est agréable ou non. Il est sous-entendu que ce dont Kant part, c’est du domaine esthétique, et de la question sous-jacente qui dirige tout le texte : quand je dis que quelque chose est beau, cela ne vaut-il que pour moi? A cela, Kant répond : « cela ne vaut que pour moi », cette phrase est parfaitement juste, mais pour ce qui concerne l’agréable, et non le beau, lesquels il ne faut pas confondre. Le premier paragraphe du texte consiste donc à montrer en quoi ce relativisme (dire qu’une vérité n’est valable que relativement au sujet concerné) est parfaitement valable en ce qui concerne le domaine de l’agréable.

Nous qualifions en effet spontanément les choses d’agréables ou non. Kant prend l’exemple du vin des Canaries parmi une infinité d’autres. Et nous pouvons alors bien dire « Le vin des Canaries est agréable ». Seulement, ce n’est là qu’une manière elliptique de parler, et Kant rappelle que dans ce jugement est toujours sous-entendu un « agréable pour moi », sous-entendu d’ailleurs tellement évident que l’on peut s’éviter de le mentionner fastidieusement à chaque fois. En effet, imaginons qu’un interlocuteur rétorque : « Non, le vin des Canaries n’est pas agréable », imagine-t-on une discussion sérieuse partir de cette opposition. « Ce serait folie d’en disputer » dit l’auteur. En effet, que dis-je, quand je dis qu’un objet est agréable? Je le décris à travers le prisme d’une expérience sensible que je fais de lui. A proprement parler, ce n’est pas le vin des Canaries qui est agréable – ce qui est agréable, c’est l’expérience que j’en fais. Agréable ne caractérise pas un objet, mais une sensation. Or, la sensation est un vécu subjectif. Si on restitue donc la véritable conversation, elle devient celle-là :

« Mon expérience du vin des Canaries est agréable »

Non, mon expérience du vin des Canaries n’est pas agréable.

Où l’on voit bien le non-sens de cette conversation, puisque le contradicteur dit non alors qu’il ne parle pas de la même chose. D’ailleurs, aucune discussion ne peut avoir lieu si elle ne consiste pas en un échange d’arguments, lesquels reposent sur une construction rationnelle, et logique. Or, il n’y a pas de logique dans le domaine des sensations, et donc pas de discussion non plus. Tout juste peut on essayer de décrire une sensation, mais il ne s’agit alors pas d’une discussion.

Kant par la suite envisage d’autres exemples, pour montrer que toutes les expériences sensorielles, et donc visuelles et auditives, et pas seulement gustatives, peuvent relever du domaine de l’agréable. Pourquoi ajouter ces exemples? C’est parce qu’on aurait un peu trop vite fait de faire une distinction entre beau et agréable en disant que le premier concerne les sens de la vue et de l’ouïe, et que le second concerne les autres sens. On dit en effet un beau paysage et non un bon paysage, et à l’inverse un bon parfum et non un beau parfum. Et quand on parle d’un beau plat, c’est précisément pour en décrire les qualités visuelles. Or, on peut bien parler d’agréable pour ce qui est visuel ou auditif, mais là, précisément, Kant nous met sur la voie en choisissant ses exemples : on peut trouver agréable ou non une couleur (« la couleur violette », douce pour certains, morte pour d’autres) ou un son (celui des cordes ou des vents), parce que couleur et son relèvent encore strictement de la sensation immédiate. C’est-à-dire celle qui n’a pas encore été élaborée dans une représentation. Et cette distinction entre la sensation et la représentation nous sera par la suite très utile pour comprendre comment Kant peut dire que le beau est universel, à l’inverse de l’agréable, ce à quoi il s’emploie dans son second paragraphe.

Suivant le texte, nous lisons donc que pour ce qui est du beau, « il en va tout autrement ». Le premier argument est assez empirique, et consiste à dire que quelqu’un « qui se pique d’avoir du goût » serait bien ridicule en disant que ceci ou cela est beau pour lui. En effet, soit on considère que l’expression « avoir du goût » a un sens, et alors cela implique que les jugements qu’on porte au nom de ce « goût » qu’on aurait ont une portée plus large que notre propre expérience de la chose, soit, si ce qu’on dit ne vaut que pour soi, alors « avoir du goût » n’a aucun sens, puisque tout le monde a évidemment « son goût »… Quand on dit que quelqu’un a « du goût », on dit par là qu’il s’y connaît en beauté, qu’il est capable de la reconnaître, de la créer, et que cette beauté est reconnue par tous.

D’ailleurs, il semble que Kant en reste à cette position de principe : si on dit que quelqu’un peut « avoir du goût », alors c’est qu’on reconnaît que ses jugements esthétiques ont une portée universelle. Et si on se tient à « chacun son goût », alors c’est qu’on dit que « le goût n’existe pas, c’est-à-dire qu’il n’existe pas de jugement esthétique qui puisse légitimement revendiquer l’assentiment de tous ». Kant ne dit donc pas expressément qu’il y a des jugements esthétiques à valeur universelle, ni que le beau en soi existe. Il dit seulement que si on utilise le terme « beau », c’est qu’on croit à sa portée universelle – ce qui pourrait très bien être à tort. Et que si on n’y croit pas, alors on doit dire seulement « cela m’est agréable ». C’est le même type de position qu’il tient dans le domaine moral : Quand on dit qu’on agit moralement, c’est qu’on agit simplement par devoir, de manière tout à fait désintéressée. Maintenant, s’il n’y a pas empiriquement d’action qui puisse être désintéressée pour l’homme, alors il n’y a pas d’action morale non plus.

On a donc raison formellement de dire « cette chose est belle », car la beauté caractérise la chose, et non l’expérience que j’en fais. Mais il n’est pas exclu qu’on ait tort de prononcer cette phrase, et d’utiliser le terme « beau », parce que tout simplement, il serait illégitime de prétendre parler de la chose alors que ça n’est que sa propre expérience qu’on décrit. La question revient donc à se demander s’il est légitime d’employer le terme « beau », lequel présuppose qu’on est capable de caractériser par là une chose sans décrire simplement l’expérience directe qu’on en fait.

Si je dis « j’ai chaud », je parle de mon expérience directe, sensible. Si je dis « Il fait 40°C », je caractérise la température réelle de l’air, je parle de la chose, j’ai un jugement qu’on appelle objectif. On appelle couramment « objectif » un jugement qui caractérise l’objet qu’on a en vue, et « subjectif » un jugement qui caractérise l’état du sujet qui opère ce jugement. On voit sur notre exemple ce qui fait la différence nette entre le jugement subjectif, qui parle de la chaleur, laquelle est un ressenti du sujet, et le jugement objectif qui parle de la température, laquelle est… simplement la dilatation du mercure dans le thermomètre, laquelle est produite par la variation de mouvement des particules. Rien de « chaud » ni de « froid » là-dedans, simplement des grandeurs qu’on mesure. C’est ainsi qu’on appelle objectif ce qui a pu être mesuré, ramené à des unités additionnables, donc à une quantification. La première solution au problème kantien, de savoir si le jugement esthétique est légitime (c’est-à-dire que quand on dit « c’est beau », cela a une portée universelle), ce serait de dire que la beauté est une caractéristique objective de l’objet.

Depuis bien longtemps, on a remarqué que les objets comportant une certaine harmonie paraissaient plus beaux, et cette harmonie est quant à elle assez objective, mesurable, que ce soit la loi de symétrie, les rapports particuliers de nombres qui font des proportions particulières (nombre d’or, multiples…). La théorie des accords en musique recoupe de manière assez frappante la justesse de proportions mathématiques entre les fréquences… Cependant, quand on juge beau un objet, on ne le fait pas à la suite de mesure ou de calculs – mais bien directement par un expérience sensible. Est-ce que cela invalide l’idée de l’objectivité de la beauté. Ou bien doit-on soutenir avec Leibniz que quand on écoute de la musique, on calcule sans le savoir, bref que l’expérience sensible serait une manière immédiate, intuitive et inconsciente de saisir ce qui est tout de même des rapports mathématiques justes? Des mathématiciens proposent encore de nos jours des algorithmes fort complexes qui expliquent, d’après eux, l’impression de beauté qui se dégage de certains objets…

Mais une autre justification à l’universalité du jugement esthétique est également possible. Si le jugement esthétique est universel, c’est qu’il n’est pas seulement personnel. Mais cela n’implique pas nécessairement qu’il soit objectif pour autant. Il pourrait être subjectif et universel. Ce qui supposerait qu’on distingue bien le subjectif du personnel.

Après tout, quand je fais des mathématiques, c’est bien moi comme sujet qui fait les calculs, et je suis bien à ce moment-là un sujet universel, car je fais les calculs comme n’importe quel sujet les ferait. Quand j’ai des sensations par contre, le sujet est personnel, car nos corps sont différents, nos emplacements différents. Ce qui nous individualise, c’est la sensation. Mais précisément, Kant a bien précisé que quand on nous demande si on trouve ceci ou cela beau, on ne nous demande pas si cela nous est agréable, c’est-à-dire si cela nous procure des sensations agréables. Le jugement esthétique ne serait donc pas une question de sensations. Et nous avons bien, entre la sensation qui est individuelle et la raison qui constitue l’objectivité une faculté qui est celle de la représentation, c’est-à-dire la faculté de produire des images dénuées d’affections. Ainsi, une chose physique a des effets sur notre corps, produit des sensations, qu’on peut alors qualifier d’agréables ou désagréables, mais une image ne touche que notre représentation. Donc si on prend ce qu’on voit comme image et non comme chose, c’est-à-dire si on fait abstraction des sensations que nous procure cette chose, on pourrait voir dans cet acte d’abstraction de la chose le passage au jugement esthétique. Comme le dit Kant ailleurs, l’art ne veut pas la représentation d’une chose belle, mais la belle représentation d’une chose. Voulant dire par là qu’une chose ne peut pas être belle, elle ne peut être qu’agréable ou désagréable, et que c’est son image qui est belle ou pas. Ce passage de la conscience réalisante (qui perçoit une chose comme telle) à la conscience imageante (qui perçoit la chose comme image) est décrit par exemple par Sartre, quand il explique l’état dans lequel se trouve la conscience lorsqu’elle assiste à un concert, oubliant le réel, la situation du concert, et même la sonorité réelle des instruments, pour se projeter face à l’œuvre elle-même qui est un irréel, un imaginaire.

Un Simon Fontvielle objecterait qu’on n’a peut-être fait là que reculer le problème, car si le jugement esthétique est une question d’imagination, et non de sensation, alors pour qu’il soit universel, encore faudrait-il que l’imagination le soit. A quoi on pourrait lui répondre que quand on dit « c’est beau », ça n’est pas qu’on trouve l’image belle, mais tout simplement qu’on perçoit comme image. Tout objet qui nous permet de plonger dans la conscience imageante est dit beau, et peu importe alors les différences de mondes imaginaires. Nous sommes souvent frappés par la beauté de nos rêves, parce qu’ils se présentent comme images. Nous sommes souvent frappés par la beauté des paysages lointains, du ciel étoilé, parce que le passage à la conscience imageante, vu la distance et l’absence de rapport avec notre corps, est facile à effectuer.

Donc, quand on demande à quelqu’un s’il trouve qu’une chose est belle, comme le dit Kant, on ne lui demande pas si elle lui est agréable, parce que précisément, on lui demande si cette chose lui permet de ne plus être dans ce monde réel où les choses sont agréables ou désagréables, où cette question ne se pose plus parce qu’on ne sent plus rien. Si elle permet de passer à la conscience imageante, c’est-à-dire à l’impression de beauté. Ce qui signifierait alors, d’après notre théorie, que toute image est belle… mais en effet, est-ce que ce qu’on trouve laid, ça n’est pas quand un objet semble prétendre pouvoir nous mener à la conscience imageante, et donc nous met dans cette disposition, et qu’il y échoue? Je ne trouve laid ce qui m’entoure que si on me demande si c’est beau. Sinon, je n’y pense pas, je ne cherche pas à le transporter dans la conscience imageante. Mais quand on me le demande, alors j’échoue, car l’objet ne m’y aide pas suffisamment (ceci variant selon les personnes, certaines ayant besoin de beaucoup d’envoûtement pour imager, d’autres de presqu’aucun, et auquel cas, celles-ci trouveront belle la poubelle sur leur palier).

Par cette explication, on arriverait donc enfin à comprendre comment Kant peut dire que quand on juge une chose belle, on parle « comme si » il s’agissait là d’une propriété de la chose. Il ne dit pas que la beauté est dans la chose, donc pas qu’elle est belle objectivement, mais qu’elle a pourtant en elle cette propriété de nous faire accéder à l’expérience subjective de la beauté, laquelle n’est pas personnelle, puisqu’elle consiste précisément à se dépersonnaliser, à s’irréaliser.

Reste à expliquer pourquoi on pourrait alors « exiger » cette expérience pour les autres, et pourquoi on pourrait les blâmer quand ils diraient :  » non, cette chose n’est pas belle, – c’est-à-dire qu’elle ne me permet pas d’accéder à la conscience imageante ». Le terme « blâmer » est assez fort, et peut renvoyer à un reproche qu’on pourrait faire à celui qui ne trouve pas beau ce que je trouve beau. Comme si on reprochait par là à l’autre de ne pas avoir été capable d’accéder à cette conscience imageante qui est une autre manière de dire ce que Kant appelle un rapport désintéressé à l’objet contemplé. On pourrait presque y lire une injonction morale, qui reprocherait de ne pas savoir, à la manière platonicienne, se détacher du sensible, des considérations en agréable ou désagréable, de même que le philosophe qui a pu sortir de la Caverne du sensible enjoint les autres à faire de même. Cet appel vers la contemplation des choses non-sensibles étant bien une destinée universelle de la condition humaine dans le platonisme. Cette interprétation de la théorie kantienne de l’esthétique trouverait son expression dans la manière avec laquelle Schopenhauer poursuit la réflexion kantienne en écrivant pour sa part :

 » Chacun sent que la joie et la satisfaction produites par une chose ne peuvent résulter que du rapport de celle-ci avec notre volonté, ou, suivant l’expression favorite, avec nos finalités ; de sorte qu’une joie sans excitation de la volonté semble une contradiction. Cependant le Beau excite manifestement, comme tel, notre satisfaction et notre joie, sans avoir aucun rapport avec nos fins personnelles, c’est-à-dire avec notre volonté. Ma solution est que, dans le Beau, nous saisissons toujours les formes essentielles et primordiales de la nature tant animée qu’inanimée, en d’autres termes les Idées de Platon à son sujet, et que cette prise de possession a pour condition sa corrélation essentielle, le sujet connaissant affranchi de la volonté, c’est-à-dire une pure intelligence sans desseins ni fins. De cette façon, à l’entrée d’une prise de possession esthétique, la volonté disparaît entièrement de la conscience ; mais précisément, elle seule est la source de nos chagrins et de nos souffrances. C’est l’origine de cette satisfaction et de cette joie qui accompagne la prise de possession du Beau. Elle repose donc sur l’éloignement de toute possibilité de la souffrance.  »

Par cette interprétation, on voit alors le sens que peut prendre cette distinction que fait Kant entre le Beau et l’agréable, distinction qui ne paraissait être que lexicale, et qui induit en réalité une certaine éthique de l’existence.

2 commentaires sur “Le Beau et l’agréable – Texte de Kant

  1. La conclusion , qui éclaire la thèse soutenue, gagnerai à être énoncée en intro, ce qui permettrait de saisir plus vite que l’on passe en seconde partie dans une analyse critique de la position kantienne. Et donc rendrait cette « belle » lecture encore plus , éclairante, inintéressante et compréhensive dans la globalité du texte. En tous cas merci !

    • Ok. J’ai du faire ce corrigé plutôt au fil de la plume, alors je n’avais pas bien l’idée dans l’intro de ce qui allait arriver… Je vais aller lire ma rubrique méthodologie…
      Merci pour votre commentaire (en espérant que « inintéressante » relève du lapsus?..;))

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