L’explication de texte

Objectif :

Expliciter l’enjeu philosophique (le problème qu’il pose, la thèse originale qu’il développe) d’un texte en s’appuyant sur l’analyse du raisonnement qu’il déploie. Autrement dit, on montre en quoi le texte nous dit quelque chose de philosophique à partir d’une plongée dans son contenu détaillé. Le texte proposé est comme un extrait de dissertation dont il faudrait retrouver le problème (la question posée) qui en est à l’origine, l’idée directrice et les étapes de l’argumentation.

I – Le travail préliminaire (1 heure 30)

Lire le texte plusieurs fois, l’objectif étant de :

– Dégager l’articulation logique du texte → entourez les connecteurs logiques :  » donc « ,  » mais  » etc.

– Dégager l’idée principale du texte → souligner les phrases importantes

Identifiez les concepts fondamentaux que l’on tentera de définir et de relier Õ entourez les concepts

– Sur une feuille blanche :

– On reproduira l’essentiel du texte sous forme de propositions logiquement liées, présentées en colonne.

– Pour chacune des propositions, on essaiera de poser une question afin de nourrir et de problématiser son explication future. On cherchera de trouver quelques éléments de réponse que l’on développera durant la phase de rédaction.

– A partir de l’étape précédente, on écrit la structure logique du texte (le plan).

– On écrit le thème du texte : la notion du programme dont parle le texte.

– On écrit la thèse du texte : ce que dit précisément le texte à propos du thème, il se peut que la thèse soit implicite (ni placée au début ni à la fin) : c’est alors à vous de l’exprimer en une phrase claire.

– On essaie d’imaginer une thèse opposée à celle du texte : cela permet de mettre la thèse en perspective.

– On formule avec ses propres mots le problème auquel est sensé répondre le texte (on problématise le texte).

II – Rédaction du commentaire de texte (2 heures 30)

– L’introduction

– L’incipit : comme dans l’exercice de la dissertation, l’introduction doit comporter un incipit qui introduit à la problématique du texte. ∆ ! L’incipit ne doit pas consister à présenter l’auteur. Il doit être assez percutant.

– Le problème : il s’agit de formuler le problème philosophique auquel fait référence le texte (en gros la question qu’il soulève ou à laquelle il répond). On veillera à faire ressortir le caractère important, crucial du problème. Achtung ! La problématique n’est souvent pas explicite dans le texte, il est souvent préférable de partir de la thèse du texte (idée principale) pour en déduire le problème.

– La thèse de l’auteur dans ce texte : il s’agit ici de donner en quelques mots l’essentiel de la réponse (qui n’est peut-être pas définitive mais qui éclaire le problème) apportée par le texte au problème. Attention ! Il faut insister sur l’originalité de la thèse, montrer qu’elle est philosophique c’est-à-dire qu’elle va à l’encontre de certaines idées reçues, d’évidences admises sans réflexion.

– La structure logique du texte : il s’agit ici de donner brièvement le plan du texte en veillant à respecter sa progression logique. Un texte est un raisonnement plus ou moins explicite (il ne suffira pas de souligner les conjonctions de coordination). C’est à vous de trouver comment les idées s’enchaînent, progressent. Souvent cette progression est linéaire car ce qui vient à la fin est conditionné par ce qui est au début.

– Le développement : une explication détaillée dans le but de comprendre la portée philosophique du texte

Remarques préliminaires

Un texte de philosophie, même s’il est argumenté, n’est pas un catalogue d’arguments en vrac servant à illustrer une thèse préalablement posée. Le texte est un tout organique, une structure qui possède une unité qu’il vous faut restituer. Il ne faut donc pas expliquer les différents arguments comme s’ils étaient indépendants les uns des autres, mais dégager leur structure logique. Comme dans la dissertation où il vous est reproché le manque de transitions, on vous demande dans le commentaire de texte de faire apparaître les transitions intimes qui lient les différents moments du texte (et qui souvent sont implicites).

Quel plan adopter pour mon explication ?

L’explication détaillée doit épouser la structure logique du texte lui-même (énoncée dans l’introduction). Je pense qu’il faut éviter le plan : 1. explication du texte, 2. Enjeu et Critique du texte. Ce type de plan a ses mérites (il est simple et clair), mais risque de devenir un : 1/ paraphrase 2/ mon opinion sur le texte.

Vous posez des questions au texte, vous émettez des objections, vous lui opposez d’autres hypothèses durant l’explication elle-même. Attention : par structure logique du texte on désigne l’enchaînement rigoureux des idées. On ne quitte donc jamais le contenu philosophique du texte. Pas d’analyse stylistique, grammaticale indépendantes de ce contenu. VU ?

Les différents types de propositions que l’explication rencontre

– Une idée complexe : il faut la décortiquer, l’expliciter en ses éléments les plus simples. Montrez au correcteur que rien ne vous a échappé. Trouvez par vous-mêmes des exemples qui permettent de l’illustrer.

– Une image, une métaphore, une comparaison, une analogie : il faut ici rendre conceptuel ce qui est dit de manière intuitive et littéraire. Il faut trouver derrière la formule littéraire un enjeu philosophique. Par ailleurs, il faut dire en quoi l’image choisie est bonne.

– Une expression elliptique qui comporte des termes techniques : il faut expliquer ces termes techniques, déployer ce qu’il y a d’implicite et de caché dans l’expression.

– Un exemple : il faut montrer quelle est sa fonction, de quel domaine il a été emprunté, à quelle analyse il sert d’appui.

– Une affirmation évidente : il est nécessaire de montrer que derrière une affirmation que l’auteur ne cherche pas à justifier, il existe des présupposés, que son évidence est contestable etc.

BREF TOUT EST MIS EN ŒUVRE POUR ECLAIRER LE PROBLEME ET LA THESE

Erreurs à ne pas commettre

– Dissertation sur le thème général du texte : on perd de vue le propos original du texte pour restituer un cours magistral. Cela revient à un hors sujet.

– Critique négative de l’auteur : on écrit des choses comme  » je ne suis pas d’accord « , ou  » l’auteur a tort de dire que… « .,  » ce texte est révoltant « . Souvent, ce type de propos ne s’accompagne pas d’un raisonnement suffisamment puissant : il est trop émotionnel et superficiel. Vous vous exposez alors au ridicule. On se contentera donc d’insister, s’il y a lieu, sur les difficultés posées par la thèse de l’auteur et de proposer d’autres hypothèses en mobilisant d’autres philosophes.

– L’analyse trop formelle : on ne traite jamais du contenu mais simplement du style de l’auteur sans jamais rentrer dans le contenu philosophique. Cet écueil est très fréquent.

Conclusion :

Elle synthétise les étapes de l’explication et essaie de montrer que la thèse du texte initialement énoncée est plus subtile. Bref, que la lecture attentive du texte nous a fait découvrir quelque chose. Tandis que l’introduction énonçait la thèse de manière assez emphatique, la conclusion se veut plus nuancée.

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