Le programme

Introduction au cours de philosophie en Terminale

La philosophie, c’est d’abord se tourner vers ce qu’on ne sait pas, ce qu’on ne comprend pas, ce qui pose problème, et est difficilement saisissable. Ce sont toujours de « vastes questions », qui donnent difficilement prise, parce qu’elle ne concernent pas des objets tangibles, des objets concrets, particuliers – mais plutôt des choses générales, abstraites. C’est pourquoi ce qui est philosophique semble au départ plutôt « nébuleux ». Ce qui n’est pas faux, car c’est un peu comme l’univers, composé de diverses nébuleuses. On pourrait dire que chaque philosophie est une nébuleuse particulière – on peut aussi prendre cet univers par notions, ou thèmes problématiques, chacun constituant une nébuleuse propre. C’est cette seconde manière de faire qui est l’axe d’approche en Terminale au lycée.

Et le mieux, c’est de montrer dès maintenant certains de ces problèmes, qui sont ceux que nous traiterons pendant l’année à travers le programme.

Ce programme varie un peu entre la série L et la série S (il y a plus de notions en série L), mais les principales sont communes. Reportez-vous à votre manuel P.4 pour voir exactement lesquels sont au programme dans votre série.

En rouge, quelques indications bibliographiques que vous pouvez d’ores et déjà consulter. (les livres sont au CDI)

Programme de l’année

Vous lirez avec profit un livre très accessible qui présente globalement la philosophie : Apprendre à vivre, de Luc Ferry

LE SUJET

C’est-à-dire moi. Mais qu’est-ce que je suis ? Un corps ? Un nom ? Une pensée, c’est-à-dire des idées ? Un être humain, mais ça c’est objectif. Subjectivement, qui suis-je ? Ce que je décide ? Ma volonté ? Ou au contraire des pensées qui s’enchaînent en moi sans que j’y puisse grand chose ?

Qu’est-ce que c’est qu’être soi-même ? Peut-on ne pas l’être ? Peut-on se fuir ?

La conscience :le fait d’avoir conscience. Propre de l’homme ? Ce qui fait de moi une personne ? Responsable ? (un inconscient n’est pas quelqu’un, pas une personne). Est-ce très important, cela, la conscience ? Est-ce cela qui donne de la valeur ? Et pourquoi un animal, considéré comme n’ayant pas ou peu de conscience, a-t-il alors moins de valeur qu’un homme ?

(sur la question de la valeur de la vie animale, voir le film Earthlings, sur les sévices que l’homme leur fait subir (âmes sensibles s’abstenir…))

La conscience morale : puis-je me fier à ce que me dit ma conscience ? Est-elle un bon guide ?

L’inconscient. Freud découvre que nos troubles dans la vie (du moins au plus grave, des actes manqués à la folie en passant par les névroses) sont dus à des pensées inconscientes (des désirs inconscients) qui nous habitent. Qu’est-ce donc que cet « Inconscient » ?

Introduction à la psychanalyse ou 5 leçons sur la psychanalyse de Freud

Qui dit Moi dit Les autres, autrui. Est-ce que c’est important, autrui, est-ce que ça a de la valeur ? Est-ce que je suis vraiment avec lui ou est-ce qu’on ne fait jamais que cohabiter ?

Le désir. Il y a l’invasion des désirs, dont on ne sait pas trop quoi faire, s’il faut résister, ou se jeter dedans, ce qu’ils valent, ces désirs. Et puis on parlera de l’absence de désir, en disant qu’aujourd’hui, les gens ont beaucoup d’envies, mais finalement pas beaucoup de désirs…

JP Lebrun, La condition humaine n’est pas sans condition. Ch. Melman : L’homme sans gravité

LA CULTURE

Déjà la question des cultures ? Est-ce que la pluralité des cultures, c’est important ? Est-ce que ça n’est pas un obstacle à l’unité du genre humain. N’y a-t-il pas des cultures supérieures à d’autres, des cultures plus attrayantes que d’autres ?

Claude Levi-Strauss, Race et histoire

La culture, c’est la vie de l’esprit humain, qui n’est pas qu’un animal biologique, qu’un être de nature. On étudiera les manifestations de cette vie culturelle. Nous ne sommes pas des êtres purements naturels parce que nous disposons :

Du langage (L et ES) . Qu’est-ce que le langage, est-ce que le langage humain a quelque chose de spécifique qui le détache radicalement du règne animal ? Qu’est-ce que ça implique, de parler ? Le langage ne sert-il qu’à communiquer, ou n’est-il pas ce qui fait la texture même de notre identité? Plus que des êtres réels, nous serions des êtres symboliques.

De l’art. Là, c’est un aspect de l’existence, un des accomplissements possibles de l’humain, le contact avec la beauté, l’expression de soi sous la forme d’oeuvres sensibles. La création artistique et l’expérience esthétique ont quelque chose d’un peu mystérieux.

La religion. Un phénomène étonnant, très répandu, des croyances en des êtres invisibles, des rituels collectifs de vénération, des commandements venant d’êtres supérieurs ? Pourquoi cela ?

Le travail. Une nécessité dans notre monde économique. Mais est-ce en soi une stricte nécessité ? Est-ce que ce ne sont pas des valeurs morales qui nous poussent à travailler ? Ou une organisation sociale et politique pour nous occuper, pour assurer l’ordre ? Pourquoi est-ce que la valeur travail est-elle devenue si importante de nos jours ?

Voir le film Attention Danger Travail de Pierre Carles

La technique : Elle a envahit totalement notre existence, elle est devenue comme un prolongement de nous-mêmes, nous en sommes extrêmement dépendants, n’est-ce pas dangereux ? Envahissant ? Aliénant ? Ou au contraire n’est-ce pas notre gloire, notre accomplissement ?

Voir le film Un homme presque parfait de Cecile Denjean

L’histoire. Est-ce que toute cette vaste comédie de l’existence humaine a un sens ? Est-ce que ça va vers quelque chose, vers l’accomplissement de quelque chose ? Y a-t-il un but ? Est-ce que c’est important de s’y pencher, de connaître son histoire ? Peut-on la connaître ? Est-ce que l’histoire humaine, ça n’est pas beaucoup trop vaste pour moi, et je risquerais de m’y perdre ?

La Raison et le réel.

Tout ce qui concerne la connaissance humaine. Comment connait-on, quelle certitude avons-nous ? Bref, réflexions autour de l’activité scientifique

Théorie et expérience

La démonstration

l’interprétation

Le vivant

La matière et l’esprit

La vérité

La politique :

Là, la question est celle de l’organisation de la vie sociale (car nous vivons tous en société, ensemble, en rapport étroit les uns avec les autres).

La société : vivre en société est-il essentiel à l’individu, on accomplissement, ou bien n’est-ce qu’un moyen, ou une contrainte.

Surtout : comment s’organise cette société, et donc comment apparaît le pouvoir. Quel pouvoir est légitimé ? Quelle organisation est juste ? Sur quels principes ? Qu’est-ce que le droit, qui prétend se substituer à la force ?

L’Etat. De fait, c’est la forme Etatique qui existe partout. Avec un Etat plus ou moins présent. Mais qu’est-ce que l’Etat, concrètement ? Qu’est-ce qui légitime son pouvoir ?

Oeuvre de référence : Du contrat social de JJ Rousseau

La morale

Enfin, les questions qui se posent à nous sont celles qui concernent la manière de mener notre vie, quelles actions nous devons entreprendre. Et le but de la vie.

Le bonheur : on dit souvent que le bonheur est le but de la vie, mais est-ce bien certain, est-ce la plus grande valeur ? Et est-il accessible ?

Le devoir. La morale, c’est « que dois-je faire ? ». Qu’est-ce que j’ai le droit de faire, pas au sens politique, légal, mais au sens de ce qui peut être loué ou blâmé, ce qu’il est « bien » de faire.

Une conférence de R Ogien sur les théories morales, ou son livre : De l’influence des croissants chauds sur la bonté humaine

La liberté. En quoi consiste-t-elle réellement ? Est-ce que nous le sommes ? Est-ce que nous désirons vraiment l’être ?

Bien, et donc vous voyez bien que face à ces très grandes questions, à la fois on ne peut pas vraiment être indifférent, sous peine de n’être personne – et au fond, tout le monde a bien « ses idées » sur tous ces sujets. Mais ces idées sont souvent très embryonnaires, plus sous forme d’intuitions, d’inclinaisons, d’opinions à peine formulées. Et puis on ne sait souvent pas trop si nous pensons vraiment ce que nous pensons à propos de tout ça, ou bien si on ne fait pas que répéter des valeurs qu’on a reçues. Tout cela parce que ces sujets étant difficiles à cerner et à formuler, on n’arrive pas bien à se faire une opinion par soi-même, à se situer par rapport à ces questions et aux réponses possibles.

Le but du cours de philo, c’est d’aider chacun à le faire, en lui montrant des réponses diverses qui ont été données par des philosophes, en enseignant les outils qui aident à mettre en forme les pensées, c’est-à-dire le vocabulaire conceptuel.

Ni plus, ni moins.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *