Bonnes copies de TL sur « Faut-il travailler? »

Faut-il travailler ?

Les bonnes copies

 

Je colle ici de bonnes dissertations de TLs, afin de montrer à tous d’une autre manière ce qu’il est possible de faire, ce qui est attendu.

 

—  Elie Pucheral – TL4, 2015    ——————————–

 

De nos jours, le travail apparaît comme une valeur à la fois centrale et structurante de notre société, tout en étant complexe, tant notre vocabulaire quotidien en fait un usage peu économe. Sans cesse valorisé, il en devient omniprésent à travers les discours de personnalités politiques : C’est en effet en scandant « Travailler plus pour gagner plus » en 2007 que Nicolas Sarkozy a pu accéder à la tête de l’état. Par ailleurs, les médias ne manquent pas non plus l’occasion de développer soit des pages spéciales sur l’augmentation des chiffres du chômage, ou bien au contraire un reportage sur ceux qui ont pu s’intégrer socialement en trouvant du travail. Dans cette optique, on assiste à une sorte de généralisation du mépris des chômeurs, que l’on accuse d’assistanat, que l’on fustigent d’être de lourds fardeaux pour la société. Ainsi, nos rapports avec le travail sont plus ou moins ambivalents : Tandis que la valorisation de ce dernier est constamment mis en exergue, il est devenu de plus en plus fréquent de voir des personnes implosées littéralement à cause du surplus de travail qu’on leur demande. Il apparaît alors comme aliénant et destructeur. Cela nous amène à nous poser cette question : Faut-il travailler ? En quoi le travail est-il devenu une obligation tacite dans notre société contemporaine ?

Pour nous aider à répondre, nous allons dans un premier temps constater que de nos jours, l’idéologie du travail apparaît comme idéologie dominante, à laquelle peu de gens osent s’opposer, sous peine d’être marginalisés. Dans un dernier temps, nous allons voir que ce discours peut justement être remis en question, tant il tend à déshumaniser l’homme et à favoriser la souffrance et l’injustice.

 

Tout d’abord, si l’on aspire aujourd’hui à valoriser le travail, c’est parce que ce dernier est propre à notre culture, et qu’il s’est progressivement inscrit depuis le Moyen-Âge dans l’éthique de notre société : Une épée de Damoclès s’est ainsi forgée au dessus de ceux qui ne travailleraient point, qu’on qualifierait d’immoraux, parce-qu’ils iraient à l’encontre des mœurs actuels.

En effet, nous pouvons constater qu’une grande partie des religions loue les bénéfices moraux du travail, dont la maxime « l’oisiveté est la mère de tous les vices » en est le leitmotiv. En travaillant, l’homme fuit tous ses penchants naturels et se concentre uniquement sur la mission que Dieu lui a confié. Le travail devient ainsi une vertu personnelle que l’on discipline. Celui qui ne travaille pas se laisse porter par ses propres passions : Par obligation de se montrer vertueux, un jardinier par exemple ne pourrait s’arrêter de travailler afin de faire un somme à l’ombre d’un marronnier. A travers ce modèle, nous pouvons déduire que le travail est synonyme de surpassement face à nos tendances naturelles. Mais le philosophe Adam Smith au XVIIIème siècle en donna une nouvelle  : Une activité peut être qualifiée comme telle uniquement lorsqu’elle produit de la richesse et qu’elle ait une utilité sociale.

Ainsi, ce serait par nécessité vis-à-vis de la communauté dans laquelle nous vivons que nous serions obligé, encore une fois moralement mais aussi socialement, de travailler. Il est par ailleurs commun de penser que travailler, c’est s’intégrer dans la société. Selon le philosophe anglais, tous les maux du monde proviennent du manque matériel : il pose la prospérité économique comme but en soi. Or, la valorisation du travail est le moyen le plus sûr d’accéder à ce dernier. C’est donc par le travail que l’on accède à la vertu, tout en étant utile à la société : Un individu qui ne serait pas salarié mais qui tout même travaillerait en apprenant, par exemple, toutes les définitions du dictionnaire, ne pourrait être vu comme utile socialement : Par crainte d’être considéré comme un marginal ne passant son temps qu’à ne rien faire, la nécessité de travailler en échange d’un salaire pourrait se faire sentir, tant la pression de la société sur lui est grande.

Par ailleurs, la question du travail comme valeur propre à l’homme peut se poser. Nous pouvons effectivement remarquer que dans la Nature, le travail n’existe pas : On ne pourrait affirmer que les oiseaux qui construisent leurs nids travaillent réellement. Ce serait donc par le travail que l’on manifesterait notre humanité : Encore une fois, un chômeur de longue date, qui passe ses journées à satisfaire ses besoins primaires, peut être vu pour certaines personnes comme pas vraiment humain, tant son oisiveté ostentatoire est déshonorante pour l’espèce humaine. Se trouvant déjà en dehors de l’édifice social, refusant de jouer rôle « d’être utile » pour son milieu, il renierait ce qui le caractérise le plus. C’est ce qu’expose Marx dans son Capital : L’essence même de l’homme est le travail car par ce dernier, l’homme à la possibilité de transformer son milieu. Il peut également par son activité professionnelle s’auto-créer pour devenir un meilleur individu : Selon le philosophe Hegel, travailler induit un rapport social : Ce n’est que lorsque quelqu’un fait œuvrer un autre à son service qu’il y a vraiment travail : C’est la dialectique du maître et de l’esclave, par laquelle le penseur allemand affirme que ce dernier certes s’avilit en répondant aux besoins du maître, en différant ses propres désirs ainsi qu’en aliénant totalement sa propre nature, mais il participe en même temps à un acte auto-créateur : Le travail lui permet de ne plus penser à ses passions, et c’est en se soumettant à une contrainte, en s’extériorisant, qu’il manifeste donc son humanité et devient finalement supérieur au maître, fat oisif aux pulsions animales. Cette dialectique est aujourd’hui mis à l’œuvre dans notre éducation contemporaine : Dès l’école maternelle, on intériorise petit à petit le travail au enfants afin que, à force extériorisation (subjectivation de l’objectif) ou d’assimilation (objectivation du subjectif), l’enfant devienne naturellement un travailleur, qu’il progresse et devienne un homme plus fort, plus technique.

Nous avons vu que la glorification du travail s’expliquait par l’intégration progressive de cette valeur dans nos mœurs : La société actuelle a une haute estime des travailleurs tandis que les oisifs, non-intégrés dans la société à cause de leur inactivité, sont quant à eux mal vus : Défiant l’obligation social de se rendre utile en produisant des richesses, tout en niant leur propre essence, les chômeurs demeurent méprisés . Nous allons dans cette ultime partie voir que le travail n’est pas nécessaire à l’homme, tant il engendre mesquinement plus de souffrance et d’injustice que d’accomplissement personnel.

 

Déjà en 1947, Boris Vian dans son roman l’Écume des Jours écrivait : « Pourquoi sont-ils si méprisant ? Dit Chloé, ce n’est pas tellement bien de travailler. […] On leur dit que c’est bien, dit Colin. En général, on trouve ça bien. En fait, personne ne le pense. On le fait par habitude et pour ne pas y penser justement […]Non, ce n’est pas leur faute. C’est parce qu’on leur a dit : le travail, c’est sacré, c’est bien, c’est beau, c’est ce qui compte avant tout, et seuls les travailleurs ont droit à tout. ».

Jamais une citation n’avait esquissé avec autant de justesse l’ambivalence que nous avons avec le travail. Vian à travers les aventures de son héros va à l’encontre de la pensée commune, qui cherche à louer les bénéfices du dur labeur : Il annihile les être, les déshumanises, soumis à une hiérarchie dépourvue de toute humanité ne cherchant qu’un rendement toujours plus croissant. Cette description du travail correspond aux pensée de Marx : Même si ce dernier pense que l’essence de l’homme se trouve bien à la sueur de son front, il s’oppose à l’exploitation des travailleurs, et fait de cela la pierre angulaire de son idéologie : Un ouvrier dans une manufacture par exemple, doit pouvoir profiter de la plus-value qu’il engendre. Or ce que dénonce le père du communisme est bien le fait que celui-ci ne bénéficiera jamais de la marchandise qu’il produit, et que celle-ci revient toujours au patron : En travaillant à l’usine, il vend donc ses propres forces, son savoir-faire, en échange d’un salaire médiocre. Sous-payé, il pourra juste subvenir à ses besoins vitaux et ne pourra avoir accès à une autre vie, celle des loisirs. Marx et Vian voient le travail comme une grave source d’aliénation : L’individu n’est plus traité comme tel, mais comme une marchandise, comme une sorte de machine biologique exerçant mécaniquement les mêmes automatismes à longueur de journée. Dans son documentaire Danger Travail, le réalisateur Pierre Carles interroge par ailleurs un ouvrier d’une usine Renault : Ce dernier, à force d’exploitation et de déconsidération, allait au travail avec dégoût et même avec angoisse. Ajusteur, il effectuait tous les jours les mêmes mouvements, sous la contrainte temporelle du travail à la chaîne. En travaillant, il n’était plus capable de penser. Une fois rentrer à la maison, ses doigts, maltraités et déformés par le dur labeur, lui faisaient atrocement souffrir. Personne ne voudrait vivre ce qu’il endure, c’est pourquoi certains choisiraient probablement de ne pas travailler.

Nous retrouvons un schéma d’inégalité des rapport sociaux dans les conditions énoncées par Smith au travail. En effet, le philosophe anglais affirme que la première monnaie, c’est le travail, qui est symboliquement représenté par l’usage des métaux précieux comme l’or ou le cuivre. Il y trace là une condition : Si il y a de l’argent, c’est qu’il y a derrière du travail. Prenons un exemple pour illustrer ce propos : Je vais chez le fleuriste pour acheter un beau bouquet, qu’il m’échangera pour une certaine somme d’argent. Or, il pourrait très bien refuser mon billet : Il faut que la personne devant nous soit nécessairement pauvre pour qu’elle accepte de l’argent. Cela est donc source d’inégalité dans la société : Le travailleur sera contraint de suer pour subvenir à ses besoins tandis que d’autres, déjà riches, jouiront de leur richesse sans pourtant travailler.

Le discours généralisé de l’idéologie du labeur serait-il donc mythe, étant donné qu’il peut aussi ne pas manifester notre humanité et notre accomplissement ? L’homme tend de plus en plus aujourd’hui à ne plus se reconnaître dans son métier : Si je travaille dans la restauration rapide, c’est pour gagner un peu d’argent, afin de pouvoir vivre décemment. Je ne me reconnaîtrais jamais en soi comme vendeur à McDonalds, mais plutôt comme passagèrement travaillant comme tel. Le mot « métier » perd ainsi son côté originellement sacerdotal, sacrificiel, visible dans la traduction allemande « Beruf », qui vient lui-même du verbe rufen, appeler. Je ne sacrifierais pas ma vie et ne me ménagerais point non plus corps et âme pour le géant de la malbouffe : Sachant cet emploi passager, j’exécuterai les ordres sans protestation, et je ne m’accomplirais aucunement dans mon activité. Le travail dans ce cas présent est utilisé comme le dit Nietzsche dans le Gai Savoir plus comme fin, mais comme « moyen », pourvu que celui-ci me procure un gain abondant. C’est ce que dénonce le philosophe André Gorz, dans son livre la Métamorphose du Travail. En effet, le discours de l’idéologie du travail qui met au centre cet accomplissement de soi par le travail perdure encore, alors qu’il y a de moins en moins de chances d’en trouver concrètement, à cause des mauvaises conditions économiques actuelles : La perte du professionnalisme d’antan, c’est-à-dire de l’exigence personnelle d’accomplir bien son métier, entraîne une banalisation du carriérisme. La sur-valorisation du travail telle que nous la connaissons entraîne le mépris généralisé des chômeurs que l’on hésite pas à qualifié de « ratés ». Cela forge évidemment une épée de Damoclès au dessus d’eux, ce qui favorise leur sentiment de culpabilité envers les maux de la société. Les carriériste ambitieux et égoïstes, prêts à tout pour avoir un emploi et monter en grade, seront justifiés par le discours ambiant de la glorification du travail, au détriment de ceux qui cherchent leur vocation.

Outre le fait qu’il soit la source de déshumanisation, de souffrance et d’inégalité, il est également une source de soumission face à des règles, face à une autorité supérieure, mais aussi un probant moyen de contrôle de la population.

Comme nous l’avons dit précédemment, un individu qui travaillerait en chaîne dans une fabrique par exemple, n’a peu de temps pour lui. Pendant l’enchaînement presque mécanique de ses mouvements, il n’a pas goût à se poser des questions fondamentales, des questions qui le pousserait peut-être à se battre contre l’injustice dont il est la victime tous les jours. Le philosophe et démographe Albert Jacquard affirmait que « l’oisiveté est la mère de tous les vices, dit-on, mais l’excès de travail est le père de toutes les soumissions » : La glorification du travail a été en outre pour les régimes totalitaires un moyen efficace de préservé l’ordre établi, comme la Corée du Nord encore aujourd’hui en montre l’exemple. Il reprend les grandes lignes du penseur allemand Nietzsche qui jugeait que la valorisation religieuse du travail permettait mesquinement le contrôle des populations, et que celui-ci était même la meilleure des polices. Si je travaille dans une entreprise, mon emploi occupera mon temps et formera mon esprit : Je serai d’une part surveiller directement par ma hiérarchie supérieure et d’autre part indirectement par les codes, les normes que m’impose mon travail : Je ne pourrais pas avoir une coupe de cheveux personnalisée, je ne pourrais pas non plus refuser de répondre à des mails. Je suis donc pour Nietzsche pareil à un petit esclave qui travaille uniquement pour le gain à la fin du mois, et qui est réconforté par la sécurité qu’offre mon emploi. Or, c’est en travaillant que je m’avilis et montre ma lâcheté. Donc, le travail, ce travail que j’occupe est au final dégradant pour ma personne.

Un labeur sans que l’on soit soumis, exploité, souffrant demeure-t-il possible ? Nous serions tenté de dire que non. Chaque métiers ou emplois semblent avoir son quottas de gros inconvénients : La santé d’un individu ouvrier s’empire avec le temps, les cadres supérieurs et les salariés frôlent souvent le burn-out… Pourtant, on affirme que l’inactivité professionnelle n’est pas forcément synonyme de paresse et d’ennui : Le peintre qui n’a pas d’emploi travaille devant son chevalet, tout comme l’écrivain devant la page blanche… Selon Jacquard, travailler signifie aussi paradoxalement profiter de son temps disponible pour lire, échanger avec autres, écouter, créer. Ainsi pour lui, le professeur et l’élève ne « travaillent » pas, tout en concédant que leur labeur peut beaucoup les fatiguer.

 

Pour conclure, nous pouvons affirmer que la glorification du travail, qui est devenu discours ambiant, provient à la fois d’une morale religieuse et sociale : Un individu se doit de travailler pour exercer sa vertu et se rendre utile à la société, sous peine d’être marginalisé. C’est également en travaillant qu’il devra manifester son essence ainsi que son humanité, et c’est par cela qu’il deviendra un homme meilleur, plus fort et plus technique. Paradoxalement, par l’exploitation et la soumission par une hiérarchie, il déshumanise les êtres et ne favorise pas leur accomplissement personnel, tout en instaurant de l’inégalité au sein du peuple. La valorisation actuelle du travail peut-être également considérée comme hypocrite, car les circonstances économiques actuelles ne permettent pas au professionnalisme d’exister : Au final, peu d’individu trouveront leur vocation, leur Beruf, tant le carriérisme permet aujourd’hui de réussir.

 

____ Pauline Ferrara, TL4, 2015   —————-

Fruit du simple besoin ou d’une pesante contrainte, le travail a longtemps été considéré comme une tâche avilissante, rétrogradant ainsi l’individu qui l’accomplissait à celui d’être inférieur. D’origine du mot «travail» elle-même est très représentative de la vision que l’on en a gardé au fil des siècles – en effet le terme Tripalium renverrait à l’instrument de torture à trois pieux. Dans nos sociétés modernes, le travail est davantage présenté comme la mise en forme d’une activité, en faveur de l’utilité sociale. Cependant, son rôle continue d’osciller entre l’ouvrage aliénant et ignominieux, et l’ouvrage utile, qui assure une certaine sécurité et permet de s’accomplir en tant qu’individu. Finalement, les causes qui nous poussent au travail sont biens nombreuses. L’homme travaille-t-il sous la contrainte de la morale ou la contrainte matérielle ? Que peut lui apporter ce labeur quotidien ?

Faut-il, finalement travailler ? Nous confronterons les deux aspects du travail, évoquant tout d’abord l’enrichissement que celui-ci peut apporter à l’Homme (enrichissement aussi bien moral que matériel) malgré les contraintes, puis en évoquant les vices qui peuvent nous amener à nous y opposer.

En effet, l’étymologie du mot travailtripalium, instrument de torture – est éloquente quant à son sens. Si l’on s’en réfère à ce sens, le but premier du travail était donc de pousser un individu à accomplir une tâche contraignante, un labeur en le poussant à l’endurance, sans qu’il n’obtienne rien en retour – un esclave poussé par son maître chez les Grecs ou les Romains, par exemple, et qui n’en tirerait aucune satisfaction pour sa condition.

Cependant, il n’en n’en pas toujours été ainsi, et l’Homme a dû s’imposer, sans aucune supériorité, mais dans le but de survivre, un labeur quotidien. On peut en dire ainsi pour la Nature, face à laquelle l’Homme a dû lutter pour survivre, dans ses heures les plus primitives – la création minutieuse et réfléchie d’outils, les heures passées à chasser, pêcher, fendre le bois ou tailler la pierre, entretenir un feu, etc. Face à l’hostilité de la Nature, les Hommes ont dû s’adapter, une adaptation qui se traduisait par un travail constant et régulier. De cette façon, on peut dire que l’Homme a transformé la Nature ainsi que sa propre nature. Par le biais du travail, il acquiert des techniques nouvelles qui lui permettent de subsister, ainsi que des valeurs, qui assurent que le dur labeur sera toujours récompensé. Mais cette valeur, cette transformation est-elle restée intact dans les esprits, et ces valeurs sont-elles des valeurs absolues et indiscutables, au final ? De même dans nos sociétés modernes, travailler reste un moyen de survivre, même si fonctionnement a évolué : l’Homme ne « récupérera » que ce qu’il a produit que sous la forme d’un capital, capital qui lui permettra de survivre, protégé d’une Nature qu’il contrôle plus ou moins désormais. On peut donc en conclure, que même s’il y a été forcé, le labeur acharné que l’Homme a mené dans la Nature a aboutit à une certaine satisfaction. L’Homme doit donc travailler.

Par ailleurs, l’Homme peut trouver dans le travail, non pas une nécessité matérielle, mais davantage d’ordre existentielle. Il donne un sens à notre existence. Ne se peut-il pas, qu’au travers d’un dur labeur, l’Homme puisse oublier sa condition ? L’Homme est voué à mourir, et l’inaction, le silence, l’ennui, ne le torturent-ils pas en laissant cette terrible vérité s’immiscer dans son crâne et le ronger de l’intérieur ? Ne sont-ils pas tous autant de raisons de le pousser à agir, à s’engager corps et âme dans une profession qui le détournera de la seule angoisse qu’il ai jamais vraiment connu, celle de mourir ? En outre, l’Homme pourrait chercher à travers le travail un moyen se d’accomplir, et se définir en tant qu’individu. Le travail n’est-il pas pour l’individu le meilleur moyen pour devenir une personne ? En effectuant une activité mise au service de la société, l’Homme se donne un rôle. Il n’aura qu’un but à atteindre, qu’une tâche à remplir tout au long de sa vie, et l’ardeur qu’il mettra à la remplir définira probablement ce qu’il sait faire de mieux. Le travail est la base de toute forme de vie sociale. Il est ce qui nous permet de nous glisser dans la société, de nous placer sur une échelle sociale, de nous confronter à l’esprit des autres.

Mais le travail ne donne pas un sens à l’existence de l’Homme seulement parce qu’il lui permet d’oublier sa condition. Il peut également s’avérer nécessaire pour un individu, parce qu’il cherche à travers lui une certaine reconnaissance. On peut tout d’abord parler de reconnaissance sociale : la société dans laquelle nous évoluons veut que le travail soit au centre de toutes les valeurs. Cette revendication de l’effort et du labeur s’étend sur tout les fronts : des discours politiques jusqu’à notre propre cercle familial, la plupart de ces individus prône l’importance du travail. Comme nous l’avons dit plus tôt, la fonction remplie par un individu définira sa place sur l’échelle sociale, et plus la fonction sera importante, plus la renommée s’étendra sur lui. Cependant l’Homme, ne peut-il briller que dans ses fonctions ?

Au delà de la formelle reconnaissance sociale, l’Homme peut chercher une reconnaissance plus suprême, qu’il juge plus essentielle, comme dans la religion, par exemple. Ainsi, le Puritanisme (forme de Protestantisme) prône les valeurs d’un travail constant et sérieux, d’un labeur. Ici on assiste à la recherche d’une reconnaissance divine, vécue comme un véritable besoin. De ce besoin, il en découlera un manque profond : l’absence de reconnaissance serait vécue comme un échec. On peut donc ainsi dire que c’est pour combler ce besoin de reconnaissance, et accéder à celle du divin, l’Homme devra nécessairement travailler, afin de s’épanouir et de s’accomplir en tant qu’individu. Ce sont donc tout ces besoins – aussi bien moraux que matériels – qui impose à l’Homme le travail.

Cependant, si le travail permet un épanouissement, apporte une reconnaissance et peut même s’avérer être un véritable bouclier contre la Nature hostile, il peut se présenter également comme aliénateur, déshumanisant et soumettant n’importe quel individu à sa force. Certaines civilisations le considérait comme une tâche ignominieuse, et se qui se voyaient poussés à accomplir ces ouvrages ingrats étaient considérés comme inférieurs.

C’est le cas par exemple chez les Grecs et les Romains. Civilisations antiques, elles considéraient le travail manuel avec mépris. Seuls les plus riches pouvaient librement s’adonner aux jeux, à la politique, à l’art, etc. On reléguait les tâches les plus dures aux esclaves – d’ailleurs dénués de toute citoyenneté, les hommes ne travaillant pas étant des citoyens libres. L’usage de la technique était d’ailleurs condamné – et l’on peut citer Platon qui interdisait l’usage d’instruments dans le domaine des mathématiques, tels que la règle ou le compas. Ici donc, le travail – de mêmes que les prémices de la technique – est caractérisé par son ingratitude et son mépris, et seules les valeurs intellectuelles sont privilégiées et donne l’accès même à la citoyenneté. Autrement dit, le travail manuel privait tout individu d’appartenir à une communauté et d’en intégrer son système – aussi bien politique que culturel. Le regard méprisant que portait ces civilisations sur le labeur est une preuve que celui-ci n’était qu’un fléau déshumanisant, néfaste pour l’Homme – et donc qu’on ne devait y être voué.

Outre le fait d’exclure un individu d’un groupe social – comme nous l’avons vu chez les Grecs ou les Romaines –, le travail peut s’avérer véritable aliénateur pour l’Homme. Si dans certaines fonctions, il peut jouir d’un pouvoir qui l’enrichit – matériellement au travers d’un salaire –, dans d’autres, il se retrouvera appauvri. Prenons l’exemple du travail à la chaîne. Un homme travaillant de cette façon sera recruté par des usines, des grandes structures qui ne nécessitent que d’une main d’œuvre, non d’individus qualifiés. On constate qu’à travers ce simple critère de sélection, débute une déshumanisation : l’individu ne sera pas sélectionné parce qu’il a acquis des connaissances qui font de lui un être pensant, doué d’intelligence, d’idées, de projets multiples – tout un tas de critères qui font de lui un individu à part entière, mais parce qu’il est seulement capable de se servir de ses mains. Autrement dit, on ne verra en lui qu’une paire de main qui sera capable de trier, actionner, pousser, tirer, ou d’une paire d’yeux qui ne sera capable de contrôler, vérifier. Et pourquoi parle-t-on d’une déshumanisation dans ce cas ? Parce que cet individu sera caractérisé et devra agir comme d’autres individus : des machines contrôlant des machines. En effet les individus seront assimilés à celle-ci, puisque seul leur geste comptera – et d’ailleurs, comme l’a dit Karl Marx, le travail aliène l’Homme. On ne tiendra pas en compte de leur sensibilité, de leur intelligence, mais seulement de la rapidité et de la précision de leur geste. Il faudra aller toujours plus vite, toujours plus précisément, et acquérir un automatisme qui ne relève que du geste, encore et toujours du geste et c’est un automatisme que l’on retrouvera seulement chez la machine. On dirait même jusqu’à penser que l’Homme, dans ce travail à la chaîne doit se surpasser pour prouver qu’il est aussi efficace qu’une machine. Et s’il s’y identifie, n’est-ce pas là la preuve que la déshumanisation a fait un pas de plus ? L’Homme finit par être dénué de toute raison, de toute intelligence si l’on peut dire, seul compte le geste, précis, être répété, et l’Homme lui-même n’a plus conscience d’agir, il est entraîné par le mouvement inconscient de tout son corps. Serait-ce une machine qu’il est en train d’actionner, des pièces qu’il est en train monter, des fruits qu’il est en train de trier, jeter ou emballer ? Il ne le sait pas, et même les injonctions qui lance à ses clones qui l’entourent, il ne les comprend pas. Il sait seulement qu’il doit accélérer et ne faire preuve d’aucun répit, jusqu’au moment où, une fois le mécanisme acquis, il comprendra qu’il doit seulement continuer, continuer dans un cercle vicieux et totalement déshumanisant. De cette déshumanisation, il en découlera un appauvrissement. L’Homme aura perdu son statut d’être pensant et intelligent – la seule chose qui le différencie des animaux, au final.

Ces éléments nous prouvent, que le travail, peut être considéré comme une activité misérable, aliénatrice, et parfois même destructrice de l’Homme. Par conséquent l’Homme ne devrait pas travailler.

Le travail s’est imposé à l’Homme lorsque qu’il a dû affronter la nature, s’imposant ainsi comme une nécessité. Depuis, la vision des différentes civilisations sur son rôle et sa nécessité a beaucoup évolué. Dans l’Antiquité il était considéré comme une tâche ingrate qui marquait une inférieure sociale et différenciait les dignes citoyens des esclaves soumis, prouvant ainsi qu’il était inutile de travailler. De nos jours, le travail peut être au contraire un moyen de s’intégrer dans la société pour l’individu, de s’accomplir et de s’épanouir, l’aidant ainsi à s’enrichir et donc s’imposant comme une nécessité, même si certains types de travaux – à la chaîne par exemple – demeurent aliénateurs et ne devraient pas être réalisés.

 

 

———- Margot de Pinho, TL4, 2015

Introduction :Bien qu’il n’en fût pas toujours ainsi, le travail est, pour l’homme moderne, une catégorie centrale de son existence. Difficile à définir, ce terme est pourtant au cœur de la vie humaine. Le mot « travail » provient du latin « tripalium » qui désigne un instrument de torture constitué de trois pieux ; son étymologie lui attribue donc une valeur péjorative, et pourtant, les chômeurs sont mal-vus et ils sont marginalisés dans la société à cause de leur non-travail.

Faut-il travailler ? Autrement dit, le travail avantage-t-il les hommes dans notre société actuelle ?

Tout d’abord, nous verrons que le travail valorise l’homme, en ce qu’il résulte d’une nécessité voire d’une obligation, puis nous terminerons en étudiant les divers inconvénients du travail, comme l’aliénation et le contrôle de la société.

I- Oui, il faut travailler

  1. A) Le travail est nécessaire à l’homme

L’homme dispose naturellement de besoins primaires tels que se nourrir, s’hydrater, dormir, etc. Le salaire gagné par un individu qui travaille lui permet de favoriser la satisfaction de ces besoins, et indirectement, contribue donc à son bien-être.

Le travail est une source de richesse menant à l’abondance matérielle.

Comparons un directeur d’entreprise et un ouvrier. Si nous nous focalisons sur leur revenu, nous constatons qu’il diffère d’un emploi à l’autre, et qu’indéniablement, l’individu dont le montant du salaire est plus élevé bénéficie d’une qualité de vie bien meilleure ; par exemple, il pourra subvenir à ses besoins plus facilement et s’offrir plus de choses. Son travail, source de richesse, lui fournira l’abondance matérielle suffisante pour répondre à ses besoins, tandis que l’ouvrier n’aura pas cette chance.

Par nature, l’être humain a des besoins que l’argent peut satisfaire : par conséquent, le travail peut être perçu comme une nécessité pour l’homme.

La prospérité économique étant posée comme un but en soi, un homme qui travaille est valorisé.

Le philosophe et économiste britannique Adam Smith désigne même le travail comme étant la

« première monnaie ».

En effet, il valorise le travail en affirmant que nos biens sont dus à celui-ci, et non à notre richesse monétaire, même si ces derniers sont intimement liés. D’après lui, l’acte même de travailler nous permet d’acquérir des biens. En effet, nous lisons dans son œuvre La Richesse des nations : « Ce n’est point avec de l’or ou de l’argent, c’est avec du travail, que toutes les richesses du monde ont été achetées originairement ».

D’une certaine manière, le travail apparaît comme nécessaire à l’homme en raison du salaire qu’il apporte, et sa nécessité est due aux besoins naturels constituant l’être humain.

Cette idée rejoint la théorie de Marx, selon laquelle « l’essence de l’homme est le travail ». Effectivement, l’essence équivalant à la nature profonde d’un être, cela signifie une fois encore que le travail est étroitement lié à la nature humaine.

 

Le travail permet de répondre aux besoins de l’homme et devient une nécessité ; toutefois, il peut également être une obligation d’ordre moral.

  1. B) Le travail est une obligation pour l’homme

Le travail est une valeur centrale, complexe et structurante des sociétés modernes.

Un homme sans emploi est marginalisé, c’est pourquoi il est socialement obligatoire de travailler.

En effet, la philosophe et sociologue française Dominique Méda affirme que le travail est

« au centre de la mécanique sociale » ce qui nous invite à penser qu’il s’agit d’un impératif. Selon elle, le travail est « la mesure générale des échanges et des rapports sociaux », ce qui signifie qu’un individu s’inscrit dans la société par le biais du travail.

L’idée de l’obligation d’ordre sociale du travail est reprise par Rousseau où nous lisons dans son traité Émile ou de l’éducation : « Travailler est donc un devoir indispensable à l’homme social ». L’importance sociale du travail est donc à nouveau soulignée.

De plus, l’auteur méprise les chômeurs, puisqu’il poursuit en ajoutant que « […] tout citoyen oisif est un fripon ». D’après lui, tout homme se doit de remplir sa fonction de citoyen en travaillant.

L’obligation du travail a donc une valeur morale.

Elle résulte en majeur partie de l’impact social considérable que possède le travail de nos jours. Effectivement, le travail n’est pas simplement un emploi : il correspond également à notre identité puisqu’il représente notre fonction dans la société.

Dans Métamorphoses du travail, André Gorz énonce que dans la Grèce antique, « l’idée même de travailleur était inconcevable […] » ce qui n’est plus le cas aujourd’hui, car comme il l’évoque, le travail confère une « identité sociale ». Cela confirme une fois de plus l’idée que, en plus d’avoir évoluée, la notion de travail s’est introduite dans le domaine social.

L’avantage social que nous pouvons observer dans le travail est également le fait qu’il permet à l’homme de sortir, s’aérer et de côtoyer d’autres personnes. Le poète Baudelaire affirmait même que le travail permettait de lutter contre l’ennui, principal cause du Spleen baudelairien.

Le travail est donc valorisé dans notre société en raison de l’enjeu social qu’il représente.

Le travail peut donc apparaître comme une nécessité en permettant de répondre à nos besoins naturels, ainsi qu’en obligation dans le sens où il permet à l’homme de s’intégrer dans la société.

Cependant, le travail présente de nombreux inconvénients qui peuvent remettre en cause les déclarations précédentes.

II- Non, il ne faut pas travailler

  1. A) Le travail nous aliène

Pour un prolétaire, le travail correspond principalement à l’usage de ses savoir-faire. Cette personne, au niveau de vie généralement bas et qui ne vit que de son salaire, s’accomplit dans le travail. Dans le système capitaliste, l’ouvrier échange sa force de travail contre un salaire. L’aliénation provient du fait qu’il vend son travail, ce qu’il a de plus cher, au propriétaire du capital, pour recevoir en retour une rémunération et ainsi pouvoir profiter de loisirs.

Dans l’ouvrage Travail salarié et capital, Marx affirme que « la force de travail est […] une marchandise que son possesseur, le salarié, vend au capital », ce qui rejoint l’idée énoncée précédemment, selon laquelle l’ouvrier vend ses savoir-faire pour obtenir un salaire lui permettant d’accéder aux loisirs, et comme l’évoque l’auteur, pour « vivre ».

On assiste donc à une critique du travail où Marx ne le recommande pas en raison de l’aliénation qu’il procure.

Finalement, le prolétaire produit des richesses dont il ne bénéficiera pas ; nous pouvons aisément penser qu’il stagne dans son travail, voire même qu’il se paupérise.

Le travail nous illusionne et parvient parfois à nous aliéner en nous rendant dépendant ; il peut également exercer une force manipulatrice sur les hommes.

 

  1. B) Le travail contrôle les individus

Le travail enseigne une discipline morale ; les dits « travailleurs » obéissent aux normes exigées ce qui limite leurs capacités à penser.

Par exemple, dans Aurore de Nietzsche, ce dernier critique la « glorification du travail » ainsi que sa « bénédiction » en attestant que ces classiques discours comportent une arrière pensée ; en effet, la population est sous l’emprise du travail, il la contrôle, et cette manipulation est déguisée, cachée, par les discours honorant le travail.

De plus, le travail ôte toute personnalité car celui-ci vise l’intérêt général ce qui revient donc à dire que travailler c’est se soumettre. L’homme qui travaille n’est pas maître de lui-même.

Pareillement, le travail contrôle les individus, tel une « police » comme l’évoque Nietzsche, car il nuit à l’épanouissement des vertus morales de l’homme comme « le développement de la raison, des désirs, du goût de l’indépendance ».

Le travail, qualifié de « dur labeur », puise la force de l’homme de manière considérable, tant et si bien qu’il parvient à « retire[r] cette force à la réflexion, à la méditation, aux rêves, aux soucis, à l’amour et à la haine […] ».

Nous pouvons donc en déduire que, bien qu’il apporte une discipline morale à l’homme, le travail entrave le développement des qualités morales de l’homme.

Ainsi, les hommes sont contrôlés, ils travaillent tellement qu’ils ne prennent pas le temps de penser ni de réfléchir.

Le point de vue de l’auteur s’oppose donc à la valorisation humaniste du travail, puisqu’il affirme au contraire que le travail nuit à la créativité individuelle et qu’il est un puissant moyen de contrôle social.

L’exemple d’un ouvrier qui passe ses journées à s’épuiser au travail illustre tout à fait cette idée, car il réserve toute son énergie à ses efforts quotidiens au travail, et ne prend pas le temps de s’interroger ni même de penser : il agit dans le but d’effectuer son travail, rien de plus.

Le contrôle de la société garantit la sécurité, en ce qu’il empêche toute rébellion en canalisant les pensées humaines : il est une entrave à l’individualisme.

Conclusion : Ainsi, la réflexion sur le travail et les quelconques intérêts qu’il peut procurer est bien complexe. Il présente des avantages tels que la subvention aux besoins humains par l’intermédiaire du salaire et les enjeux sociales qu’il englobe. Cependant, le travail est également ponctué d’inconvénients, notamment celui de l’aliénation et du contrôle de la société.

 

 

——- Marion Gauby, TL4, 2015  ————–

« Le travail, c’est la santé », « Travailler plus pour gagner plus », toutes ces expressions qu’on entend depuis quelques décennies. Dans l’Antiquité, le travail était réservé aux esclaves, travailler était un signe de pauvreté. Au Moyen-Âge, le travail était une discipline. Le travail a une place indispensable dans la société d’aujourd’hui. Par ailleurs, l’étymologie même du mot travail fait référence à un instrument de torture qui donnera lieu par la suite à un sens bien négatif, celui de l’effort pénible et fatigante. Faut-il travailler ? Avons-nous besoin de travailler ?

Pour répondre à cette question, nous verrons une première partie qui montre qu’on a besoin de travailler, puis une seconde partie qui prouve qu’il ne faut pas travailler.

 

 

Depuis des siècles, les hommes travaillent pour survivre. L’homme semble condamné à travailler car c’est une nécessité vitale. Nous ne trouvons pas de quoi nous satisfaire dans la nature contrairement aux animaux. Nous avons besoin de travailler pour satisfaire nos besoins, contrairement aux animaux, nous avons besoin de vêtements, qui doivent être tissés, fabriqués, nous avons besoin d’homme pour travailler dans les champs pour que nous puissions manger des fruits et légumes, des pêcheurs pour les poissons, nous avons également besoin de d’hommes pour construire nos maisons.

De plus, nous avons besoin de travailler afin d’avoir de l’argent pour pouvoir s’offrir des marchandises. Adam Smith disait dans La richesse des nations, que « ce n’est point avec de l’or ou de l’argent, c’est avec le travail, que toutes les richesses du monde ont été achetées originairement. » Cela veut dire que plus nous travaillons, plus nous pouvons nous acheter des richesses. Le travail est la monnaie d’échange contre des biens précieux, comme des bijoux, une maison.

Aussi, nous avons besoin de travailler pour gagner notre vie. Nous sommes payés pour travailler et cet argent nous sert à payer notre nourriture. Rousseau disait dans Emile ou de l’éducation : « Riche ou pauvre, puissant ou faible, tout citoyen oisif est un fripon. » Rousseau veut dire toute personne qui vit du travail d’autrui, comme un parasite, est un voleur. Pour Rousseau, la propriété ne se justifie que par le travail.

Le travail n’est pas obligatoire, mais dans la société d’aujourd’hui, le travail est une part importante dans la vie des hommes. C’est un devoir de travailler car, si l’homme ne travaille pas, il se met à l’écart de la société, où la majorité des adultes travaillent. Aussi, le travail est une valeur structurante de la société, car le travail et l’économie réduisent d’autant les guerres, il y a un fondement sur le travail parce que les autres ont été perdus.

De plus, nous vivons dans une société de consommation. Donc nous devons travailler pour nos besoins matériels, comme des habits ou des produits électroniques comme des télévisions ou des téléphones portables, de nouveaux meubles. Adam Smith disait que la richesse est l’abondance matérielle. Le travail nous oblige à différer le moment de notre satisfaction : comme il lui faut travailler pour satisfaire son désir, comme la satisfaction n’est plus immédiate, l’homme apprend à se discipliner et à se libérer de la tyrannie de ses instincts. Le travail nous libère donc de la nature.

Enfin, en travaillant, nous apprenons. Kojève, qui reprend Hegel, explique que l’esclave apprend et acquiert un savoir-faire et devient maître de lui-même. A l’inverse, le maître, qui jouit du travail d’autrui sans avoir rien à faire de ses mains, est finalement l’esclave

Nous avons donc vu que le travail a une importance vitale pour l’homme, qu’il nous permet de nous enrichir pour pouvoir subvenir à nos besoins matériels.

 

Dans son livre Travail salarié et capital, Marx considère le prolétaire dont l’accomplissement se fait dans le travail, le savoir-faire qualifié. Ce qui contraste, c’est que le capitalisme développe le travail non-qualifié. Dans le capitalisme, l’ouvrier échange sa force de travail contre un salaire. Marx dit que « l’ouvrier devient d’autant plus pauvre qu’il produit plus de richesse, que sa production croît en puissance et en volume. » Ce qui veut dire que plus l’entreprise produit et vend, moins l’ouvrier gagne car pendant que l’entreprise et le patronat s’enrichissent, les ouvriers restent au même salaire. Le travail de l’ouvrier produit une plus-value dont il ne bénéficie pas et que s’approprie le propriétaire du capital.

Le travail rémunère non pas le travail mais le capital selon Marx. C’est au capital que reviennent les profits, ce n’est pas celui qui produit mais celui qui possède, à savoir le patron, l’appareil de production, la machine d’usine. Le travail devient donc une marchandise que l’on achète. Mais le travail, au lieu de devenir libérateur, devient aliénant, il ne nous libère plus de la nature que pour nous livrer à un nouveau maître qu’est le capital.

De son côté, Nietzsche dit qu’il y a une arrière-pensée dans le travail. Nietzsche dit que le travail «  est là la meilleure police, qu’elle tient chacun en bride. » En effet, Nietzsche pense que le travail est devenu la nouvelle police car avec le travail, les gens savent parfaitement où vous êtes, à l’occurrence à votre travail, de tel heure à tel heure. De plus le travail, devenant quelque chose de plus en plus habituel, nous n’avons pas besoin de réfléchir et donc nous retire toutes pensées.

Enfin, Gorz, dans Métamorphoses du Travail, dénonce le fait que le discours classique humaniste, qui fait du travail l’accomplissement de l’individu, perdure alors que les conditions économiques, où le travail n’est plus le facteur essentiel dans la production, n’offrent plus la possibilité à la majorité d’exercer un tel travail.

 

Nous avons donc pu voir que l’homme doit travailler par nécessité pour survivre, et satisfaire ses désirs et que le travail nous enrichit, qu’en travaillant, on assimile un savoir-faire mais aussi que l’ouvrier travaille pour le profit du patron, que le travail est devenu la nouvelle police. Nous vivons dans un monde où ne pas travailler est impensable, notre travail est un aspect important de la vie de chaque homme.

Louis Sigoure 2019

André Gorz explique que durant l’antiquité, le travail était une tâche malpropre et sale, dégradante physiquement mais aussi moralement. Ainsi, il n’était pas un moyen de valorisation sociale et on ne se vantait pas travailler. On réservait cette tâche à notre vie privée et l’imposait aux femmes et aux esclaves qui n’étaient pas considérés comme des Hommes. Aujourd’hui le travail est ce qui nous fait nous intégrer dans la société, et nous permet d’avoir de la reconnaissance. On montre publiquement les efforts faits au travail et il est devenue important d’en trouver un. Fait intéressant à remarquer, maintenant que c’est le travail qui importe dans l’intégration sociétale et la reconnaissance humaine, il est devenu plus difficile pour une femme d’obtenir un poste stable et payé justement.

Nous allons donc nous attarder sur la question du travail avec ce sujet : Faut-il travailler ? Que nous problématiserons en : L’humain doit-il travailler ? Nous répondrons alors à ce questionnement par un plan en trois parties.

Tout d’abord nous avancerons une thèse favorable au travail que l’on argumentera par l’idée de devoir et de besoin.

Ensuite nous répondrons par une antithèse, donc défavorable au travail qui s’exprimera par l’idée de perte de temps et de dégradation de l’être, ainsi que son caractère asservissant.

Puis dans un tierce temps, nous tenterons de complexifier notre raisonnement en expliquant l’intérêt du travail pour soi, ce qu’il nous procure de bien, mais aussi ses dangers réels.

 

 

 

 

Commençons donc par la thèse favorable à l’idée du devoir humain envers le travail. Nous savons donc en premier lieu, de part les dits de Gorz cité en introduction, que dans notre société c’est le travail qui permet l’émancipation humaine. Il est la condition pour qu’un individus s’intègre, car c’est au travail que l’on peut sociabiliser. L’humain étant le plus grand animal sociale, alors le travail en tant qu’activité publique devient son premier lieu d’accomplissement.

Or il y a un autre fait important, c’est que notre société est une machine qui ne fonctionne plus que par le travail, D. Méda nous l’explique à son tour, le travail est la machine de notre société et ainsi il n’y aucun moyen d’en sortir sans sortir de la société, nous comprenons ainsi que pour faire avancer cette société il faut être impliqué dans son travail et le considérer comme un but de tout les jours. La mondialisation a amené un second souffle à cette idée et impose le travail à chaque citoyens du monde comme condition pour l’intégration à cette société mondiale. Par les flux d’importations, d’exportation, des pays producteurs, aux constructeurs, puis ensuite aux vendeurs, chaque individus emploient son existence dans le système mondialisé de la société du travail. En cela, le travail est le moteur de notre société.

Or vous comprendrez que notre argumentaire sur le travail en tant que devoir ne peut mettre la République de Rousseau de côté. Il ne parle pas spécifiquement du travail, or la République est unique et indivisible, ainsi il faut impérativement que chacun s’investisse pour la survie de la République qu’il soit donc le facteur de la subsistance de son prochain, lui aussi citoyen. Le travail dans notre État français par exemple, est imposé comme norme discriminative par le gouvernement : « Dans la vie, il y a ceux qui travail, et ceux qui ne sont rien » comme le dit si bien E. Macron. Pour être citoyen français on aurait presque l’impression qu’il faut impérativement servir l’État par son travail. De fait il a des droit qu’il peut réclamer, mais ceux là dépendent de devoirs, le travail en ferait peut-être de plus en plus partit. Or c’est faux, il n’est pas impératif de travailler pour être français, mais il est impératif d’avoir un revenu pour pouvoir posséder ou louer un logement, pour pouvoir subvenir à ses besoins vitaux, ainsi que payer l’impôt que le français doit cette fois-ci obligatoirement à l’État pour les diverses services que peuvent rendre ce dernier au citoyen français. Le travail étant la première source de revenu, par syllogisme, nous pouvons considéré qu’il est implicitement impératif de travailler pour être, ou du moins pour rester citoyen français. Donc le travail est un devoir.

 

Nous avons, par ces dernières lignes, déjà commencé à exprimer les caractères du travail relevant du besoins. Aujourd’hui c’est dans la société dite de « droit », régis par des lois, des devoirs, etc, que le travail s’inscrit comme moyen de subsistance. Or cette société n’a pas toujours été, ainsi et le travail il y a encore peu n’était pas un devoir mais une obligation vitale non considéré par les contrats légaux. Au XIXème siècle, le travail de masse dans les usines par l’industrialisation émerge. Il devient impératif vitalement de pouvoir être payé régulièrement car la pauvreté des champs est trop lourde et la vie urbaine dépend de cela. Alors les usines se remplissent, et la division du travail se crée. Pour Adam Smith, c’est d’ailleurs le moyen de production le plus efficace. Chacun a en charge une tâche précise et se confine dans son exécution durant toute la journée. Les rendements en deviennent meilleurs, le travail est sur-efficace, les ouvriers ont de quoi vivre grâce à lui.

Alors vous me direz, que ces conceptions-ci du travail ne tiennent qu’à une société bien particulière, celle du XIX, XX et XXIème siècle. Or nous tentons d’avancer dans cette partie en quoi l’humain doit travailler en soi et universellement. Et ici plus particulièrement nous argumentons l’idée de besoins de travailler. Alors éloignons nous du matérialisme et approchons nous de l’apport psychique que le travail nous procure.

Ici nous allons développer la thèse psychanalytique mise en place par Sigmund Freud, un psychologue et neurologue allemand du XIXème siècle. Freud théorise tout d’abord que l’humain a une partie inconsciente en lui qui le soumet à des pulsions insoutenable, que notre partie consciente du psychisme s’efforce d’en faire pathologie, dans le pire des cas, refoulement, dans un moindre mal que le précédent, ou sublimation, dans le meilleurs des cas. Freud concède donc au travail la faculté de sublimer ces pulsions. Ainsi le travail que l’on opère consciemment et qui nous procure une jouissance acceptable est un bienfait pour l’humain. Et dans notre civilisation contemporaine ou à l’antiquité. Voilà en quoi l’humain doit travailler, pour sublimer ses pulsions.

Un autre cas de figure ou l’humain doit travailler, dans le fait d’apprendre et de se former. Rabelais dans la lettre de Gargantua à son fils Pantagruel, exprime les fondements de l’humanisme, et montre en quoi le savoir est chose importante. Le travail ici n’est pas le fait de souffrir et d’accepter un trauma, mais de s’enrichir mentalement pour être à l’apogée de son humanité. Le père Gargantua ordonne à son fils de s’enrichir et d’approfondir son savoir de tout les savoirs possible, des sciences au langue en passant par les médecines et les humanité ainsi que le sport. Ici, l’humain doit travailler pour apprendre, le travail est action formatrice et non pas une action en échange de biens matériels. Voilà à nouveau de quoi considérer que l’humain doit travailler.

Pour finir dans cette idée de construction de l’être par le travail, nous pouvons argumenter enfin par les dits d’Hegel. Prenons l’exemple du maître et de l’esclave. Le maître est dans une position dite naturelle de l’homme qui joui du fruit des effort de son esclave. En cela sa nature de jouisseur reste dépendante de son esclave. Or l’esclave, contraint de produire pour son maître sans pour autant pouvoir toucher à ses fruits, refoule sa nature pour devenir plus indépendant et moins affaiblit par la contrainte de devoir jouir. Le travail est un acte auto-négateur, car l’esclave a du nier sa nature dans le travail, pour qu’ensuite il soi devienne un acte auto-créateur, car l’esclave a pu recréer sa nature avec une plus grande indépendance et résistance. Voilà ce qui conclu la thèse de cette dissertation.

 

 

 

Nous passons maintenant à la seconde partie où nous tenterons de faire l’antithèse. Ici le travail est un acte dégradant qui nous fait perdre notre temps, de plus il est avant tout asservissant.

Le travail est un acte dégradant, il est ainsi considéré durant l’antiquité, mais aujourd’hui encore, la plupart des métier nécessaire son dégradé par la société. Bien qu’il faille être un travailleur actif, les éboueur par exemple n’ont pas bonne réputation. Les femmes de ménage, les caissiers, les ouvriers d’abattoir et autres, les éleveurs et fermiers, tout ces métier ne sont pas considéré par la société ou du moins simplement par le fait que ces individus, au moins ils travaillent ! Mais au-delà de ça, ils deviennent des agents invisible à notre dite « sociabilité ». Personne ne parle aux caissier et les femmes de ménages subissent la même ignorance relationnelle de la part des individus extérieur à cette profession. Les éboueur doivent ramasser les poubelles et sont finalement victime de la négligence et de l’irrespect des consommateur, ce sont les larbins et esclaves de la rue. Les abatteur sont des monstres qui tuent ces pauvres animaux par plaisir et n’ont aucune empathie. On remarque de plus en plus une méprise du fait de travailler. Karl Marx l’explique : Le travailleur ne travail pas par plaisir et ne tire pas sa subsistance du travail. La vie du travailleur commence là ou son travaille se termine. Ce qui importe au travailleur c’est ce que son activité lui permet, un salaire, une maison, un véhicule. Nous somment bien loin de la sublimation freudienne, mais il est important d’avoir cette philosophie là lorsque l’on pratique les métiers précédemment cité.

Ensuite nous pouvons considérer que le travail sous un point de vu plus nietzschéen nous empêche de vivre de manière philosophique. Pour le penseur allemand, le travail nous « tient en bride » et restreint notre occupation mental à une activité abrutissante, ne nous permettant donc pas de faire face aux grandes pensées et questionnements qui s’impose à l’existence humaine.

 

L’idée qui va de paire avec la dégradation que mène le travail, est celle de l’asservissement. Nombreux auteur on considéré le travail comme asservissant de par le fait que nous somment sous l’emprise d’un autre qui nous ordonne et nous dirige pour l’accomplissement d’un travail donné. La Boétie reprend dans Le discours de la servitude volontaire, une citation grecque disant : « Il n’est pas bon d’avoir plusieurs maîtres, n’en n’ayons qu’un » et la rectifie par « Il n’est pas bon plusieurs maîtres, n’en n’ayons aucun ». La Boétie ne parle pas de travail mais d’asservissement, et pour lui, c’est un danger car tout hommes asservit ne vit que pour autrui et ne profite pas de sa vie pour en faire quelque chose de bien.

Et ce fait de travail non profitable au travailleur est un argument de masse pour cette antithèse, car bien que dans ce cas, il puisse être un acte auto-créateur, en quoi et de quel droit mon travail ne profiterais pas à moi en premier lieu ? Voilà une injustice sociale que l’humain n’a toujours pas résolu. C’est ainsi que nous concluons l’idée selon laquelle, le travail est néfaste pour l’humain et qu’il n’en a pas besoins.

 

 

 

 

Dans cette troisième et dernière partie, nous allons donc complexifier la question en sortant de ce clivage binaire. Ici le travail est bon, dans une certaine mesure et sous certaines conditions. Tout d’abord car, comme le prescrit Rabelais, le travail pour soi et l’enrichissement des connaissance est primordiale. Bien qu’« Une tête bien faite plutôt qu’une tête bien pleine » soit important pour Montaigne, humaniste lui aussi, nous devons nous enrichir. L’homme est l’animal qui a su se démarquer par son intellect et sa technique. Homo sapiens ou Homo faber ? Peu importe car c’est au final notre travail, qu’il soit physique ou mental, qui nous a permit de survivre dans une nature qui ne nous a laissé aucun attribut physiologique notable.

De plus ce travail en tant que formateur nous permet l’indépendance, ainsi ceux qui accusent la société de nous asservir devrait avant tout travailler leur indépendance plutôt que leurs rhétorique pamphlétaire, ou du moins l’utiliser à des vues autarciques. Henri David Thoreau décida de vivre or de la société en évitant le plus possible de dépendre d’elle par quelque moyens que ce soit. Il travailla pour lui, et c’est cela que l’on peut appeler travailler à des fin autarcique.

Reprenons les bienfaits du travail sur le corps et l’esprit sans entrer dans en psychanalyse. Le travail, est une façon de se défouler. Lorsque l’on travail, une concentration certaine se développe et nous fait puiser de l’énergie. Ainsi nous nous dépensons et une fois finis, nous voilà prêt à nous reposer et nous détendre. Il est sain de pratiquer une activité physique régulière, mais d’être actif de nos journée peut-être avoir des résultats similaires.

Et pour finir, il nous faut poser tout de même des limites à ce travail. Car si l’on accepte de travailler pour quelqu’un d’autre et que l’on considère surtout le fruit de notre travail plus que le travail en soi, alors soyons raisonnable. Dans certains cas, le travail peut nous faire oublier la réalité. George Orwell dans 1984, dépeint une société totalitaire faisant travailler ses individus dans le simple but des les rendre ignorant et hors de la réalité. Les métier servent à entretenir l’image du partis en place, faire oublier les événement dérangeant pour lui. La guerre elle même ne sert qu’a épuiser les stock d’armement construit dans les usines, de sorte que la production n’ait jamais besoins d’être arrêté, et que chacun travail indéfiniment, absurdement, par soumission du fait de leur ignorance qu’eux même cultive, par le travail.

Aussi, parlons de l’absurde dans un cas malheureusement moins fictif. Les camps de travail du régime Nazi. Voilà ce que peut-être l’horreur du travail. Ici les prisonniers du Reich travaillait ardemment dans des conditions innommables. Il.le.s ne produisaient rien pour eux, et étaient asservi dans le but d’alimenter la guerre que menait l’empire Nazi. Le travail est ici devenu si absurde et violent que cet « accomplissement de l’être », cette « sublimation » dont parlait les humanistes ou Freud, devenait une destruction de l’individu. Les prisonnier n’était plus que des corps travaillant douloureusement en attendant leurs fin. C’est ainsi que Primo Levi nome son livre sur son expérience des camp : Si c’est un Homme. La question de l’humanité est au cœur de notre raisonnement face au travail des camps. Le travailleur est-il toujours un humain lorsque sa vie n’est que le travail. Lorsqu’il est traité de la même manière qu’une machine, est-ce un Homme ?

 

 

 

 

Ici se finit cette dissertation sur la question du travail. Nous avons vu en quoi l’humain devait-il travailler. De par son appartenance à un système entièrement géré par le travail, de par le fait que le travail et un devoir que l’homme accomplit en échange de droit. Puis nous concédons au travail l’idée de besoins qu’en a l’homme. Pour sa subsistance vitale d’abord, et ensuite pour sa construction et ses défenses psychiques, pour enfin être un moyen d’émancipation individuelle. Dans un second temps nous nous somme opposé à cette thèse et avons couvert l’idée que le travail est dégradant, et qu’il nous empêche de nous confronter aux questionnements existentiels humain. Et cette dégradation se fait aussi le caractère asservissant du travail, et l’idée que ses fruits ne reviennent pas au travailleur.

Et enfin la thèse a été complexifié par le fait de mettre des limites au travail, il doit être déjà fait dans un but personnel, pour la formation intellectuel ou physique d’un individu, et nous rendre actif de notre temps. Il doit nous permettre donc une certaine autonomie et si possible même une autarcie. Or si cela n’est pas faisable, alors gardons en tête que le travail ne doit en tout cas absolument pas devenir la vie du travailleur. Celui-ci doit pouvoir être quelqu’un en dehors du travail, sa vie doit au moins pouvoir commencer une fois le travail terminer.

Alors à la question « l’humain doit-il travailler ? » il me semble juste de répondre « oui », mais l’humain surtout ne doit pas qu’être un travailleur. Le travail doit rester une activité de sa vie au même parmi d’autres, au même titre que son rôle dans une famille, sa réflexion philosophique sur diverses question, sa production artistique et son repos.