Les passions rendent-elles heureux

Les passions rendent-elles heureux ?
(plan détaillé)

INTRODUCTION

Rien n’est plus triste qu’un individu sans passion, sans idéal qui le motive, sans énergie qui le meut, et dont la raison pulvérise en les relativisant les enthousiasmes naissants. Mais rien n’est plus tragique non plus qu’un individu emporté par le torrent d’une passion qui l’épuise, le réduit à n’être plus qu’une obsession, un fanatisme, une idée fixe qui s’impose à lui au détriment du bon sens et de son équilibre. Faut-il exalter la passion, l’encourager, car c’est par elle qu’on réussirait sa vie ? Ou au contraire faut-il s’en méfier, et préférer toujours la modération et la maitrise de soi ? Les passions rendent-elles heureux ?
Nous verrons que si le discours classique, rationaliste, est fondé à inciter à se méfier des passions, parce qu’elles nous éloignent de la réalité et de l’autonomie, deux conditions du bonheur, nous verrons cependant que le bonheur suppose la structuration d’un monde conçu comme une totalité, et que c’est la passion qui le permet, puis que si on définit le bonheur comme rencontre de l’autre, du réel, alors ça n’est que par la sortie de soi, l’aliénation à une passion que ce bonheur est possible.

I Non, les passions ne rendent pas heureux

A/ La passion éloigne de la réalité
Parce que les passions nous rendent étranger à ce qui est, nous le font fuir dans le tunnel d’une obsession, alors que le bonheur serein ne peut qu’être d’accepter tout ce qui est tel qu’il est.
Et qu’éloignée de la réalité qui ressource, la passion s’enferme dans une répétition qui devient addictive, c’est-à-dire un refuge contre cette réalité devenue étrangère et menaçante.

B/ La passion menace l’autonomie
(autonomie : auto-nomos, se donner ses propres règles)
Maîtrise
Parce que les passions empêchent la sérénité, qu’elles sont tyranniques
OR, si le bonheur est bien une plénitude, il implique que nous ne mettions pas dans la dépendance des passions elles-mêmes.
Pour être heureux, il faut donc maîtriser ses passions, parce que :
– Nous les subissons (étymologie : patior)
– Elles n’ont pas de mesure, et impliquent donc une continuelle in-satisfaction (Cf Socrate/Calliclès)
Morale
Parce que les passions sont indifférentes au Bien et au Juste, alors que le bonheur conscient les suppose.
OR, si les plaisirs, les jouissances, sont possibles en dehors de toute considération morale, le bonheur ne l’est pas, dans la mesure où il consiste en un jugement sur la vie, et non pas en une expérience immédiate. Et ce jugement rencontre les catégories morales qui demandent des justifications.

II Oui, les passions rendent heureux

A/ La passion ouvre un monde
– Perspective
Parce qu’une passion constitue un monde habitable, une voie qui nous guide
– Elaboration
Parce que par la passion, les pulsions anarchiques s’élaborent et s’organisent. Ainsi, une passion unifie notre existence, et évite sa dispersion et sa dépendance aux circonstances hasardeuses.
…OR, le bonheur, c’est la plénitude, le fait de se suffire à soi-même. Et une passion se suffit à elle-même.

B/ La passion ouvre au réel
– Désir
Parce que la passion bouscule la raison qui toujours relativise. Elle mobilise nos forces et permet l’événement, c’est-à-dire qu’il se passe quelque chose dans notre existence, et autre chose que ce qu’on subit. Sans passion, il n’advient que ce qui est anticipable, possible, ou bien le hasard.
La passion permet l’impossible, et donc le Réel.
…OR, le bonheur, c’est le « bona ora », la bonne rencontre, l’aventure, qui suppose de quitter le monde des anticipations.

CONCLUSION

Les exigences d’adaptation à la réalité, la maitrise de soi permise par la raison nous ont semblé tout d’abord être des conditions du bonheur. S’ouvrir à la réalité telle qu’elle est, l’accepter, c’est le moyen de ne pas être en butte avec elle, comme le prône le stoïcisme. Lequel ajoute que la maitrise réfléchie de nos actions, l’autonomie, sont nécessaires pour être heureux. Pourtant, si la réalité n’est pas une totalité, mais plutôt un champ infini et sans perspectives, alors l’individu simplement rationnel ne peut s’y orienter, et il s’y perd. C’est alors l’emprise subjective de la passion qui peut tout d’abord lui donner une orientation, un idéal, et ainsi correspondre à la définition du bonheur qui pose l’existence d’une fin en soi. De plus, dans la mesure où la passion nous propulse hors de nous-mêmes, nous fait aller au-delà de ce qu’on pensait être nos limites, elle nous permet réellement d’expérimenter l’expérience et l’événement que le bonheur, la bona ora (la bonne rencontre) suppose.

 

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