Rattrapage en philo

Pour ceux qui décident de passer le rattrapage en philo :

  • Relire les oeuvres étudiées en classe pendant le week-end
  • Rendez-vous lundi à 10h00 dans le hall d’entrée de Clemenceau pour une séance d’entraînement

Pour les lauréats du premier tour, félicitations!

Fin de la Saison 1 Episode 18, commencez-bien la suivante!

Et pour ceux  à qui ça n’a pas souri cette année, à l’année prochaine peut-être!

 

Fin d’année

Voilà, l’épreuve finale de philo est passé, le mieux possible j’espère.

Merci à tous pour cette année, j’espère que cette initiation à la philosophie vous laissera de bons souvenirs.

Pour ceux qui hélas devront passer par la case Rattrapage, je vous rappelle que si vous choisissez la philosophie, cela se passe sur l’oeuvre que nous avons lue en classe.

Si vous sentez que vous risquez de devoir la passer, n’attendez pas le jour des résultats pour vous y pencher, et contactez-moi dès que cette éventualité se présente, nous ferons un travail de préparation.

Questions récapitulatives et réponses succintes

Introduction à la philosophie

1 En quoi consiste la disposition philosophique ?

En une capacité à s’étonner, à douter, à problématiser

2 Qu’est-ce qui caractérise l’étonnement philosophique ?

Le philosophe s’étonne des choses simples et habituelles, l’homme commun des phénomènes rares.

3 De quoi les astres que regarde Thalès peuvent-ils être la métaphore ?

Ils sont une image des idées, des essences, car ils ont la même fixité

4 Qu’est-ce que l’essence d’une chose ?

C’est ce qui fait sa nature, son identité, qu’elle est ce qu’elle est

5 Qu’est-ce qu’une idée ?^

C’est une représentation abstraite, rendue possible par le langage

6 Qu’est-ce qu’un sophiste ?

Un homme qui prétend savoir, un « expert », et qui parvient avec son aplomb à en persuader les autres. Son art consiste précisément dans cette capacité persuasive.

7 Qu’est-ce que la maïeutique ?

L’art « d’accoucher les esprits », d’aider son interlocuteur à se mettre au clair avec ses pensées

8 Qu’est-ce qui caractérise le langage humain ?

Il est institué (langues) et non naturel. Le rapport entre les signifiants et les signifiés dans les mots est conventionnel.

9 En quoi le langage donne-t-il un avantage crucial aux hommes ?

Grâce aux caractéristiques précédentes, il permet l’abstraction et la transmission des savoirs acquis au fil des générations.

10 Que nous apprend l’histoire de l’esclave de Ménon ?

Que la capacité à raisonner est innée et universelle

11 Pourquoi Platon a-t-il écrit sur le frontispice de son école : « Nul n’entre ici s’il n’est géomètre » ?

Car les objets mathématiques, avec leur pureté démonstrative, leur pure intelligibilité, est un modèle pour essayer de considérer de la même façon les mots du langage courant, en les définissant et en produisant des raisonnements.

12 Qu’est-ce qu’une opinion ?

C’est une croyance, et non un savoir.

13 En quoi consiste l’abstraction philosophique ?

Elle consiste à raisonner sur des idées générales, et non sur des exemples concrets.

14 A quelle condition, d’après Socrate, une discussion féconde est-elle possible ?

A la condition que les interlocuteurs cherchent la vérité, et non à défendre coûte que coûte leur opinion première.

15 Que désigne Alain par la « société des semblables » ?

Contrairement à la « société grégaire » où l’avis de chacun se forme par influences mutuelles, la société des semblables se forme quand chacun raisonne par soi-même, et découvre que l’autre, de son côté, a produit le même raisonnement. C’est l’universalité de la raison.

16 Quel est le propre de l’existence humaine?

C’est la finitude, la temporalité. L’existence humaine est davantage une histoire qu’un ensemble de faits, un récit qui prend sens par le parcours entre son début et sa fin.

17 Que signifie l’Allégorie de la Caverne de Platon

Les hommes au quotidien tiennent pour vraies des images qui sont des déformations de la vérité. Soit que ce sont des opinions colportées, et simplement répétées sans vérification. Soit qu’elles soient empruntes de sensible, donc ce sont des impressions, et non des pensées.

18 Pourquoi est-il essentiel pour l’homme de soigner le langage?

Le langage est le tissu qui rassemble les hommes. Il est la mémoire de la culture. Il est ce qui permet la symbolisation, et donc la distance mise avec le monde des choses sensibles, lequel menace de nous perdre dans l’addiction aux consommations.

20 Quels sont les différents types de structures familiales et leurs conséquences sur les idéologies des peuples ?

Famille nucléaire égalitaire valorisant la liberté et l’égalite

Famille nucléaire absolue valorisant exclusivement la liberté

Famille souche valorisant l’autorité et la hiérarchie

Famille communautaire, valorisant l’autorité et l’égalité.

 

Le bonheur

Socrate et Calliclès

1 Quelles conception du bonheur Calliclès se fait-il?

On accède au bonheur par la réalisation de nos passions

2 Par quel moyen dénigre-t-il ses contradicteurs?

Ceux qui ne sont pas d’accord avec sa définition du bonheur le sont à cause du ressentiment (jalousie, frustration…) de ceux qui n’ont pas de passions, ou pas le courage de les réaliser, et qui prêchent alors la limitation des passions.

3 Que signifie la métaphore des tonneaux? Et celle de la gale?

Un homme passionné est comme un tonneau troué, perpétuellement insatisfait

Le galeux serait l’homme qui trouve son bonheur par le plaisir… le plaisir de se gratter.

4 Socrate n’est-il pas coupable de glissements de concepts litigieux?

Il amalgame les termes Passion, Envie, Désir, Plaisir, Addiction.

 

 Cours sur le bonheur

1 Quelle est la conception aristotélicienne du bonheur?

Le bonheur consiste dans le déploiement de la nature d’un être, la réalisation en acte de ce qu’il est en puissance. C’est une philosophie essentialiste.

2 Quelle est la conception épicurienne du bonheur?

Notre bonheur dépend exclusivement de nos sensation et du plaisir ou du déplaisir qu’elles nous procurent, car nous sommes essentiellement des êtres corporels

3 Quelle est la conception stoïcienne du bonheur?

Pour être heureux, il faut se libérer de l’inquiétude à propos de tout ce qui arrive, qui ne dépend pas de nous, et ne nous préoccuper que de ce qui dépend de nous, c’est-à-dire de ce que l’on fait.

Il faut aussi comprendre l’ordre du monde, et trouver sa place en son sein.

4 Pourquoi d’après Kant le bonheur ne peut-il pas constituer un idéal assignable pour l’homme?

Le bonheur a une composante empirique, il demande à vivre des expériences, mais quelles expériences rendent heureux est indéfini et infini

De plus, il exige l’idée d’une totalité, ce qui contredit l’exigence précédente.

5/ En quoi doit résider, selon lui, l’objet de notre préoccupation?

Notre nature indique que nous ne sommes pas faits  pour vivre conformément à une nature donnée, mais que nous devons décider de notre être. Ainsi, le problème humain n’est pas de savoir ce qu’il est, mais ce qu’il doit être. C’est donc notre devoir qui doit nous préoccuper, et non ce que nous sommes.

 

La liberté

1/ Pourquoi définir la liberté comme « faire ce dont on a envie » pose-t-il problème ?

D’abord parce que les envies des hommes s’opposent les unes aux autres

Ensuite parce que nous subissons nos envies, ne les choisissons pas, et en sommes donc potentiellement les esclaves.

2/ Expliquer la phrase de Spinoza : « Telle est cette liberté humaine que tous se vantent de posséder et qui consiste en cela seul que les hommes ont conscience de leurs appétits et ignorent les causes qui les déterminent. »

Sans que nous le sachions la plupart du temps, nos désirs sont déterminés par des causes en nous (physiques, sociales…) et ne sont donc pas plus libres que ne l’est une pierre qui tombe.

3/ En quoi « être libre » et « avoir le choix » ne vont-ils pas nécessairement de paire ?

Les choix nous mettent dans l’embarras du choix. Ils imposent leurs alternatives et obligent à se déterminer par rapport à elles.

4/ La multiplicité des choix est-elle une garantie pour la liberté ?

Idem

5/ Pourquoi Melman dit-il que « depuis que le ciel est vide, nous nous sommes libérés » ?

C’est-à-dire qu’il n’y a plus de valeurs transcendantes, celles de la religion ou des impératifs de la morale…

6/ Quel prix de leur libération le petit couple de Melman doit-il payer ?

… Mais du coup, chacun doit continuellement décider des directions et valeurs à donner à ses choix, et y épuise sa liberté.

7/ Expliquez la phrase d’Alain : « il faut vou­loir ce qu’on fait »

On dit en général que la liberté, c’est faire ce qu’on veut. Mais comme « ce qu’on veut » est déterminé par des causes ou des circonstances, ce n’est pas là qu’on peut exprimer sa liberté. Notre liberté peut s’exercer dans la volonté qu’on met à accomplir, à faire aboutir, les situations dans lesquelles nos « décisions » nous ont mises.

8/ Expliquez la phrase d’Alain : « N’employez point la volonté à bien choisir, mais à faire que tout choix soit bon »

Donc peu importe les « choix » qui nous ont fait arriver ici ou là, ceux-ci ne sont pas bons ou mauvais en soi, ils seront bons selon ce que nous en faisons ensuite.

9/ Expliquer la phrase de Bacon : « On ne peut vaincre la nature qu’en lui obéissant »

Il faut connaitre les contraintes imposées par les lois de la nature, afin de pouvoir s’appuyer dessus pour les utiliser à notre profit. Si on les ignore, elles deviennent des obstacles à nos buts.

10/ Qu’est-ce qui distingue « avoir envie » et « vouloir » ?

L’envie se présente à nous. La volonté consiste en 1/ Une décision rationnelle 2/ Et surtout l’effort pour mener à bien cette volonté et la faire s’accomplir.

La volonté réside davantage dans l’action qui réalise que dans la décision initiale.

11/ Quelle est la conception stoïcienne de la liberté ?

Etre libre consiste à se détacher de ce qui ne dépend pas de nous, et à connaitre les causes qui nous déterminent et notre place dans l’équilibre du monde.

12/ JEU DE LA MORT : La liberté est-elle un problème de droit ?

Non, elle est un problème de capacité à prendre une décision par soi-même

13/ JEU DE LA MORT : Quels sont les ressorts de la résistance ?

L’expérience antérieure, les valeurs morales, l’insensibilité aux pressions extérieures.

14/ OBEIR ET RESISTER (Alain) : Pourquoi ces deux termes sont-ils corrélatifs ?

Obéir, c’est accomplir des devoirs que nous reconnaissons légitimes. Il s’agit donc de ne pas céder aux forces. Donc leur résister. Sans cette résistance, notre obéissance peut n’être qu’une soumission à ces forces

15/ OBEIR ET RESISTER (Alain) : Pourquoi la tyrannie et l’anarchie s’entraînent-elles mutuellement ?

Quand il n’y a pas d’obéissance (anarchie), c’est le désordre, et la tyrannie qui le réinstaure se  trouve légitimée. Mais un pouvoir qui n’agit que par force suscite légitimement une désobéissance, et c’est alors un cercle vicieux qui s’installe.

16/ OBEIR ET RESISTER (Alain) : Expliquez : « ceux qui acceptent les pouvoirs comme un fait et qui ne conçoivent même pas le droit en face de l’arbitraire, sont aussi ceux qui négligent le plus aisément les petits devoirs »

Ceux qui n’obéissent pas (par reconnaissance de leurs obligations) mais qui se conforment à l’ordre existant par peur ou intérêt sont les premiers à déroger à leurs devoirs dès que la peur ou l’intérêt disparaissent. (être soumis ou flatteur quand le chef est là, et faire n’importe quoi dès qu’il est sorti…)

17/ OBEIR ET RESISTER (Alain) : Quelles objections peut-on lui faire ?

L’obéissance arrange tout de même bien les pouvoirs. Cf la problématique de la manifestation et du rapport à la violence illégale. Une manifestation pacifique a-t-elle plus de chances de renverser un pouvoir arbitraire ?

18/ Distinguez obéissance et soumission

L’obéissance, c’est agir par devoir reconnu. La soumission consiste à céder par force ou par intérêt.

19/ Distinguez contrainte et obligation

La contrainte est une puissance, l’obligation est un devoir

20/ Quels sont les deux sens du mot pouvoir ?

Le pouvoir peut être une capacité ou un droit.

 

Politique 

Quels sont les trois sens du mot « politique » ?

1/ L’art politique, qui est l’art de parvenir au pouvoir, de le conserver

2/ La science politique, qui est une étude principalement historique des types d’institutions qui détiennent le pouvoir

3/ La philosophie politique, qui interroge la légitimité de l’autorité

Qu’est-ce que le machiavélisme ?

C’est une doctrine politique qui, pour l’obtention de la fin qu’est la possession du pouvoir, considère que tous les moyens sont bons pour y parvenir.

Donnez des types de gouvernement possible

Monarchie, Oligarchies (ploutocratie, aristocratie, gérontocratie…), Démocraties (directes, représentatives), Anarchie

Qu’est-ce qui distingue le gouvernement et la souveraineté ?

Le gouvernement désigne les forces qui détiennent le pouvoir de décision

La souveraineté désigne la source de toute légitimité

Quels sont, d’après M. Weber, les fondements de l’autorité ?

Autorité de la tradition, autorité charismatique, autorité légale

Qu’est-ce qu’une théorie politique contractualiste ?

Contrairement aux théories politiques naturalistes, qui justifient le pouvoir par des hiérarchies naturelles, les théories politiques contractualistes (Hobbes, Rousseau…) justifient le pouvoir par un contrat passé, plus ou moins explicitement, entre les membres de la communauté

Comment Hobbes justifie-t-il l’autorité du souverain ?

Par le fait que la violence étant la condition naturelle de l’homme (l’homme est un « loup pour l’homme » à cause de l’égalité en force des individus, donc la concurrence qui s’instaure entre eux et la « guerre de tous contre tous »), les hommes n’ont pas d’autre choix que de céder la souveraineté qu’ils ont sur eux-mêmes à un souverain particulier.

Pourquoi peut-on qualifier son système de « libéral-autoritaire » ?

Car il part d’une conception individualiste, pour aboutir à l’aliénation des droits des individus à un pouvoir autoritaire

Quelle objection Rousseau fait-il à son anthropologie ?

Rousseau s’oppose à l’idée que se fait Hobbes de l’homme violent à l’état de nature. C’est l’homme déjà perverti par la civilisation qui est violent. A l’état de nature, l’homme est pacifique.

Qu’est-ce que le « faux contrat » rousseauiste ?

C’est le contrat libéral-autoritaire de Hobbes, énoncé selon ces termes : la civilisation produit la richesse, et les riches, pour protéger leurs biens, proposent à tous un contrat qui légalise l’état de fait, c’est-à-dire les inégalités de condition.

Que pense Rousseau de la « civilisation » ?

Qu’elle pervertit les esprits et détruit les vertus naturelles.

Quelle idée se fait-il du « droit du plus fort » ?

C’est pour lui une contradiction dans les termes, car si un droit repose sur la force, alors si cette force décline, elle perd ce droit. Donc ce droit ne serait rien du tout.

Quel est le seul souverain d’après Rousseau ?

C’est le peuple

Qu’est-ce qu’un peuple d’après lui ?

Ce n’est pas la population empiriquement déterminée, mais la volonté qu’a cette population de se constituer en entité collective.

Qu’appelle-t-on la Volonté Générale ?

C’est la volonté collective du peuple

Quelle objection l’anarchisme fait-il au républicanisme ?

Les anarchistes considèrent que les républicains exigent aux individus de faire le deuil de leurs désirs personnels

 

 Le devoir

1 Qu’est-ce qui peut fonder mes devoirs moraux ?

Le fait que je ne me dois pas à moi-même mon existence et ses conditions me confère une dette envers ceux qui les ont permis

J’ai des devoirs envers tous ceux vis-à-vis desquels je me suis engagé, ce qui me confère des devoirs par contrat

2 Qu’est-ce qu’un impératif catégorique ?

Contrairement à l’impératif hypothétique (Kant) qui ne fait que stipuler que je dois x SI je désire Y (comme sa condition nécessaire), un impératif catégorique est inconditionnel.

3 Qu’est-ce que l’utilitarisme ?

Pour l’utilitariste, est morale toute action qui maximise le bien-être général

4 Qu’est-ce que l’éthique des vertus ?

Elle consiste à dire que notre devoir moral est avant tout de développer nos vertus morales, conditions de toute moralité ultérieure

5 Qu’est-ce que le déontologisme ?

Pour cette école morale, ce sont de grands principes moraux universels qui décident de la moralité de nos actions

6 Qu’est-ce que le minimalisme moral ?

Il affirme que notre seul devoir moral se limite à ne pas nuire sciemment à autrui.

7 Doit-on suivre sa conscience ? (Rousseau vz Nietzsche)

Pour Rousseau, la moralité ne se mesure pas à l’aune de tous ces principes d’écoles philosophiques morales différents, mais seulement dans l’attention à notre conscience morale que nous connaissons par sentiment.

Nietzsche considère que ce sentiment n’est pas fiable, qu’il dérive d’origines sur lesquelles nous devons être lucides.

Ethique animale (Morale et Vivant)

Qu’est-ce qui caractérise ce mouvement de pensée qu’on appelle « humanisme » ?

C’est un mouvement qui valorise plus que tout les productions de la civilisation humaine

Qu’est-ce qu’être « spéciste » ? Quelle est l’origine de cette doctrine ?

Le spécisme juge de la valeur des individus en fonction de l’espèce à laquelle ils appartiennent. Cet terme est construit sur la base des termes « racisme » ou « sexisme » pour dénigrer les humanistes qui accordent une supériorité à l’être humain sur les autres espèces naturelles.

Quel est le rapport courant que les gens entretiennent avec « les animaux » dans notre société ? En quoi est-il rempli de contradictions ?

On accorde de la valeur à nos animaux domestiques ou aux animaux qui nous sont utiles. Lesquels n’ont d’ailleurs pas les caractéristiques naturelles de l’animalité (sauvage) car ils sont produits de sélections humaines.

Les animaux sont assimilables à des machines, pense Descartes. Comment en vient-il à cette thèse ?

Dans la mesure où l’animal, qui n’est pas estimé posséder la substance pensante (actualisée dans le cogito), il est ramené à l’autre substance, celle de la matière.

D’où vient que nous nous soucions aujourd’hui d’éthique animale ?

Ce peut être par un accroissement de notre moralité, qui excède le cercle des êtres humains, mais tout aussi bien parce que la destruction de la nature nous inquiète, et que cette peur naissante de la nature (dans sa faiblesse) nous incite à lui réaccorder de la valeur.

En quoi la dévalorisation de la nature et des êtres naturels peut elle contribuer à construire des principes de morale largement approuvés de nos jours ?

De grands principes universalistes (l’égalité des chances, la non-discrimination en fonction des conditions de naissance) sont au fondement de la morale commune, mais consistent précisément dans un non-considération de caractères naturels des individus.

L’humaniste affirme qu’il y a une coupure entre hommes et animaux. Quels sont ses arguments ?

L’homme aurait pour lui le libre-arbitre, c’est-à-dire qu’il ne serait pas totalement déterminé par ses instincts naturels.

En quoi le langage peut-il être aussi ce par quoi une coupure entre l’homme et l’animal peut être légitime ?

Vue plus haut la différence entre langage humain et langage animal.

En quoi consiste l’argument des « cas marginaux » ?

Ce sont les cas où des individus appartenant à une espèce n’ont pourtant pas les qualités par lesquelles ont caractérise cette espèce (par exemple un handicapé mental profond, ou un vieillard grabataire, ou un comateux, qui est dit humain sans pourtant avoir la conscience, la raison, le langage, etc.)

« L’animal est nature, l’homme est histoire ». Expliquez cette affirmation. Quelle conséquence cela peut-il avoir sur la différence de sort qu’on peut réserver aux hommes et aux animaux ?

Si ce qui fait notre humanité provient de l’histoire de l’humanité et de sa transmission, alors la suppression d’un individu humain coupe une chaine globale, alors que la suppression de l’individu animal ne supprime que l’individu.

En quoi consiste l’argument utilitariste de « l’égalité stricte des intérêts » ?

C’est qu’on ne doit pas hiérarchiser les satisfactions des individus par des critères moraux généraux, mais seulement au degré de satisfaction qu’elles apportent à chacun.

Que répond l’humaniste à cet argument ?

Que certaines satisfactions sont plus nobles que d’autres et ont donc plus de valeur.

Qu’est-ce que la « sommation des intérêts » ?

Elle consiste à faire la somme des satisfactions de chacun qui résultent d’un acte.

En quoi consistent les expériences de pensée de « La foute déchaînée » et de « la transplantation folle » ? En quoi confirment-elles parfois le déontologisme, et parfois le conséquentialisme ?

La foule déchaînée se demande si on peut condamner un innocent si cela permet d’éviter un carnage (déontologisme contre utilitarisme). Idem pour la transplantation qui sacrifie une personne pour en sauver cinq.

Pourquoi la « sommation des intérêts » et les « Droits de l’homme » s’opposent-ils ?

Car les droits de l’homme confèrent aux individus des droits absolus qui peuvent aller à l’encontre de l’intérêt du plus grand nombre.

Sur quoi peut-on fonder l’idée que « toute vie est sacrée » ?

Sur l’idée religieuse que la vie est une création divine. Ou avec une conception mystique du vivant.

En quoi consiste « l’argument du cinéma » des utilitaristes pour contrer l’idée selon laquelle un individu a une valeur absolue échappant à tout calcul ?

C’est pour montrer que dans tous nos choix, même celui d’aller au cinéma alors qu’on risque de mourir en route, nous ne faisons que calculer des sommes des bien-être résultant de nos choix.

 

La conscience

Qu’est-ce que le cogito cartésien ?

Descartes, cherchant des certitudes absolues pour fonder les sciences sur des bases solides, doute de tout ce qui est dubitable et tombe sur la seule certitude absolue qu’il a : qu’il doute, donc qu’il pense, donc qu’il existe, et que son existence consister à penser.

Pourquoi, pour Pascal, la conscience est-elle notre dignité ?

Physiquement, l’homme est chose totalement négligeable dans l’univers, mais l’univers tout immense qu’il soit n’a pas de valeur car il n’a pas conscience, alors qu’en l’homme émerge la conscience. Ce qui lui confère toute sa dignité.

Quelle est, pour Nietzsche, l’origine de la conscience ?

La conscience provient des chatiments reçus qui avaient pour fonction de nous donner une mémoire, et donc l’identité d’un sujet moral.

La conscience provient également du besoin que l’homme (néoténie) est tel qu’il a besoin de son semblable, donc de communiquer avec lui, donc de prendre conscience de ses pensées pour pouvoir les communiquer.

Quel rapport Bergson établit-il entre conscience et liberté ?

La conscience est la mesure du degré de liberté, de choix que nous mettons dans nos actions. Quand il n’y a plus de choix, c’est que nous agissons avec automatisme, c’est-à-dire sans en prendre conscience.

Expliquez en quoi la conscience est, pour Marx, le reflet des déterminismes sociaux

« Ce n’est pas la conscience qui détermine nos conditions de vie, mais nos conditions de vie qui conditionnent notre conscience ». Les représentations qui nous viennent à l’esprit sont le reflet de notre condition réelle (matérielle, sociale).

 

 

L’inconscient

Qu’est-ce que le positivisme ?

C’est une doctrine épistémologique fondée par Auguste Comte et qui dit que l’esprit humain parvenu à maturité sait que, pour énoncer des connaissances certaines, il doit se contenter d’énoncer les lois qui président aux phénomènes sans chercher à spéculer sur leur nature

Quelles sont les principales découvertes de Freud ?

Que notre psychique ne se réduit pas à notre conscience, mais à des pensées inconscientes qui l’habitent. Que ces pensées inconscientes proviennent de refoulements de nos pulsions sexuelles. Que cette vie sexuelle déterminante pour notre identité commence dès l’enfance.

Vocabulaire : Inconscient, Symptôme, Libido, Névrose, Transfert, Acte manqué, Refoulement, Catharsis, Sublimation,

Qu’est-ce qu’objecte Alain à la psychanalyse ?

Qu’à prêter attention ainsi à nos actes et représentations en tant qu’ils seraient des symptômes de notre vie psychique inconsciente, on démissionne du devoir que nous avons de mener et conduire nos pensées par volonté.

 

Le Désir

1/Qu’est-ce qui oppose Désir et besoin ?

Les besoins sont naturels et nécessaires. Les désirs sont construits et non-nécessaires

2/Qu’est-ce qui oppose désir et volonté

Les désirs nous viennent, alors que nos volontés sont décidées et maintenues par un effort de constance

3/Qu’est-ce qui oppose désir et envie ?

Les envies portent sur des choses consommables, alors que les désirs visent des représentations mentales, des fantasmes.

4/Que nous apprend l’étymologie du mot désir ?

Du latin desiderare, ils signifient que nous visons une étoile (un idéal) dont nous savons que nous sommes définitivement séparés.

5/Pourquoi dans la philosophie classique le désir était-il considéré avec défiance ?

Car les désirs (passions) nous envahissent et nous réduisent en esclavage. Ceci s’oppose à la maîtrise rationnelle de soi.

6/Pourquoi le désir a-t-il à voir avec le fait que nous sommes des êtres parlants ?

Car les mots se substituent aux choses sensibles consommables, et permettent l’élaboration des scénarios, des fantasmes.

7/Pourquoi la perversion empêche-t-elle la constitution du désir ?

Le pervers démystifie les symboles et les ramène à la réalité concrète qui les figure. Ainsi, il réduit le désir à n’être qu’une envie.

10/ Pourquoi ne pas désirer entraîne-t-il une sujétion à l’addiction ?

Car si nos satisfactions consistent dans la jouissance des choses sensibles, par nature périssables, nous sommes condamnés à toujours renouveler cette jouissance

12/ En quoi la névrose assure-t-elle la possibilité du désir ?

Le refoulement de la satisfaction sensible, caractéristique de la création de la névrose, crée des symptômes qui fonctionnent comme des symboles de la satisfaction interdite, qui deviennent des objets du désir.

13/ Pourquoi la crise de l’autorité est-elle aussi une crise du désir ?

Car l’autorité est elle-aussi symbolique. Le pouvoir en tant que puissance est réel, concret. Ainsi, si on n’a plus la faculté de désirer, de symboliser, on n’a plus la crainte de l’autorité, et on ne se soumet plus qu’à la puissance réelle.

 

Autrui (TL, TES)

Décrivez le rapport à autrui que Heidegger caractérise comme étant le « On ».

Le « on » est le rapport premier à autrui qui est celui de l’anonymat, de l’indifférentiation des personnes.

Pourquoi, d’après Sartre, autrui constitue-t-il pour moi une menace ?

Autrui est une menace en tant qu’il est un sujet qui a un regard objectivant sur moi, qui me réduit à cette chose, et me juge.

En quoi consiste pour Sartre la « lutte des consciences » ?

Afin de lutter contre l’objectivation faite par autrui, à mon tour je l’objective, en niant qu’il soit un sujet au même titre que moi.

Pourquoi la connaissance de mon identité ne précède-t-elle pas celle que j’ai des autres ?

Car se définir tel qu’on est passe par l’identification aux jugements d’autrui. Par moi-même, subjectivement, je peux être tout et son contraire.

Qu’est-ce qui distingue une discussion et un dialogue ?

Une discussion est une confrontation d’avis divergents sur un objet donné. Dans le dialogue, l’objet n’est pas l’essentiel. Ce qui compte, c’est l’indistinction des interlocuteurs, qui, en échangeant, parlent d’une même voix.

 

La culture

Qu’est-ce qui distingue connaissance et culture ?

Une connaissance est un le savoir d’un fait établi.

La culture consiste à connaitre la genèse de ce fait, comment il a été établi.

Qu’est-ce que la néoténie ?

C’est le fait que, par des modifications génétiques, l’humain reste phénotypiquement  au stade juvénile du développement normal des primates.

Qu’est-ce qui distingue le naturel et le culturel ?

Le naturel est inné, et reçu par hérédité. Le culturel est acquis, reçu par transmission, éducation, héritage

Qu’est-ce que le relativisme culturel ? L’universalisme ?

Le relativisme culturel considère que les valeurs sont relatives à chaque culture qui les établissent souverainement, et qu’il n’y a pas de point de vue supérieure qui permette de les juger et les hiérarchiser.

L’universalisme au contraire considère que certaines valeurs transcendent les valeurs édictées par les différentes cultures.

Qu’est-ce que l’ethnocentrisme ?

C’est le fait de juger les autres cultures avec les critères qu’on utilise pour juger des progrès de la nôtre

Que penser de la domination moderne de la culture occidentale ?

Elle peut être une illusion ethnocentriste. Elle est due à la violence avec laquelle elle a pu supplanter les autres, et non à une supériorité culturelle propre. Elle repose sur l’ingratitude de ses emprunts. Le hasard peut avoir joué un rôle dans cette domination (thèses de Levi-Straus dans Race et Histoire)

 

La technique

1/Quels sont les trois sens du mot « technique » ?

Un savoir-faire pratique, consistant en habitudes acquises par l’expérience

Des procédés méthodiques qui établissent la succession des opérations à suivre

L’ensemble des objets techniques créés par l’homme

2/Quels sont les vertus et les dangers de l’acquisition d’automatismes ?

Les automatismes permettent l’efficacité, mais retire la conscience aux opérations

3/Qu’est-ce que la conscience d’après Bergson ?

La conscience est le degré de liberté que nous mettons dans nos actions

4/Exposez les deux sens respectifs des mots Raison et Mesure

Il y a la raison rationnelle et la raison raisonnable. La première établi des procédures rigoureuses, la seconde établit des limites.

De même la mesure peut consister à introduire le quantitatif dans les phénomènes (instruments et unités de mesure), mais aussi à établir la norme du suffisant et de l’excès.

5/Quel est le sens du mythe de Prométhée ?

Prométhée vole le feu au dieux pour en doter les hommes. Ainsi, les hommes se retrouvent en possession d’une puissance (technique) surnaturelle, alors qu’ils n’ont pas la sagesse pour en contenir le déploiement.

6/En quoi consiste la loi de la baisse tendancielle du taux de profit ?

Plus on accumule les facteurs de production, et moins l’ajout d’une nouvelle unité de production n’augmente proportionnellement notre bénéfice.

7/Qu’est-ce que la concentration de la production ? (texte de S. Weil)

C’est lorsque les unités de production (entreprises) se concentrent horizontalement (à un même échelon de la production) ou verticalement (le long de la chaîne de production)

8/Qu’est-ce que la division du travail ? (texte de S. Weil)

C’est le fait qu’une tâche est divisée séquences simples et successives, et que ces séquences sont distribuées à des travailleurs différents.

9/Quels sont les vertus et les vices de la concentration de la production ?

Les vertus sont les économies d’échelle

Les vices l’augmentation des coûts secondaires non productifs (gestion de personnel nombreux, commercialisation, communication, transports, etc.)

10/Quels sont les vertus et les vices de la division du travail ?

La division du travail augmente la productivité, mais détruit l’intérêt du travail

11/Expliquez en quoi une technique est une hétéronomie (texte de Dupuy)

Une hétéronomie, c’est le fait de passer par un autre pour être soi. Une technique est une hétéronomie car elle est un moyen utilisé pour une fin. La fin est la satisfaction, l’accomplissement de soi.

12En quoi consiste la « contreproductivité » dont parle JP Dupuy dans son texte ?

C’est quand l’hétéronomie, le moyen, finit par nuire à l’obtention de la fin. Soit qu’il devienne de plus en plus coûteux, soit qu’il devienne à lui-même sa propre fin.

13/Qu’est-ce que le « matérialisme historique » ?

C’est la conception marxiste de l’histoire qui dit que les facteurs matériels déterminent toujours les créations spirituelles.

14/Qu’est-ce qui permet de dire que nous sommes davantage « homo faber » que « homo sapiens » ?

Parce que ce sont nos inventions techniques qui déterminent nos manières de pensée, et qui marquent au final les étapes du progrès historique.

15/Qu’est-ce qui nous permet de douter que l’homme est le maître des techniques ?

Le fait que les découvertes scientifiques se font en suivant une logique technique autonome

16/Qu’est-ce qui distingue la performance de l’ingéniosité ?

L’ingéniosité technique caractérise les qualités proprement techniques, alors que la performance mesure la production d’un objet technique, qui inclut la possibilité d’utiliser beaucoup d’énergie pour y parvenir.

 

Le travail

1/Quelle valeur est-elle attribuée au travail dans le monde antique ?

A l’antiquité, le travail est dénigré, il est un signe d’asservissement aux nécessités économiques qui sont méprisées (esclavage) et d’exclusion sociale, puisque le travail s’accomplit dans le domaine privé des domaines.

2/Au nom de quoi le Moyen-âge a-t-il pu valoriser le fait de travailler ?

Car le travail produit, à l’image du Dieu qui a créé le monde. Et qu’il nous détache, par la discipline qu’il impose, des tentations du monde terrestre

3/Pourquoi le travail a-t-il pris une place prépondérante dans nos sociétés modernes ?

A l’époque moderne, avec Adam Smith, le travail est valorisé car il est le moyen de la production de masse qui doit sortir les pays de la misère, le moyen de libérer les individus des carcans sociaux par l’apparition du salaire individuel, le moyen d’intégrer socialement les individus en leur donnant une place par la Division Internationale du Travail, qui est une forme organique de solidarité (Durkheim)

4/Qu’est-ce que le libéralisme ?

C’est la considération que l’homme est avant tout un individu, et que la société est à l’image d’un marché où les individus se rencontrent pour coopérer librement sous la forme de contrats, d’échanges.

6/Que nous apprend la dialectique du maitre et de l’esclave de Hegel sur la valeur du travail ?

L’esclave est plus humain que le maître, car en travaillant pour lui, il fait l’effort de surmonter ses propres désirs naturels, apprend la privation et à différer ses satisfactions. Il aquiert également des compétences techniques alors que le maître reste un jouisseur.

7/Expliquez la phrase de Kojeve : « étant un acte auto-négateur, le Travail est un acte auto-créateur »

Le travail me force à aller contre mes penchants naturels, et me permet de me construire moi-même.

8/Pourquoi d’après Marx le travail est-il aliéné en régime capitaliste ?

Car le travail devient une marchandise qu’utilise le propriétaire du capital pour faire fructifier ce capital. Le travail n’est donc plus qu’un moyen, pour le propriétaire de faire du profit, et pour le travailleur de gagner un salaire.

9/Expliquez la phrase de Marx : « Le travail ne produit pas que les marchandises ; il se produit lui-même et produit l’ouvrier en tant que marchandise »

Plus la logique capitaliste s’accroit, plus c’est le profit commercial qui est visé, donc la considération de toute chose selon sa valeur d’échange (son prix). Ce qui fait que le travail est alors lui-même une marchandise comme les autres, qu’on vend, qu’on achète…

10/D’après André Gorz, faut-il aujourd’hui valoriser le travail ?

Dans la mesure où il n’y a plus de travail pour tout le monde, valoriser moralement le travail revient à dévaloriser ceux qui ne travaillent pas, alors que de toute façon, tout le monde ne peut pas travailler.

11/Qu’est-ce qui distingue le carriérisme du professionnalisme ?

Le carriérisme est l’attention porté au poste qu’on occupe dans la hiérarchie de la division générale du travail, le marché du travail, alors que le professionnalisme est l’amour du travail bien fait.

 

L’Art

1/ En quoi consiste la critique platonicienne de l’art ?

Pour Platon, les artistes sont des trompeurs, car ils nous rivent au sensible – alors que le sensible, contrairement à l’intelligible, est le lieu des impressions et non du savoir.

2/ En quoi consiste la critique marxiste de l’art

Pour Marx, les artistes ne font qu’exprimer les modes de penser de la classe dominante qui les emploie. Comme toute idéologie, les représentations artistiques d’une époque sont celles de sa classe dominante. Ils concourent ainsi à renforcer sa domination, sur le plan de la culture.

3/ Que nous apprend l’expérience de Bourdieu avec les « Mains de vieille femme » ?

Les membres des classes sociales inférieures ne voient pas l’esthétique de l’œuvre, mais la réalité du modèle. Dans les classes supérieures, on interprète ce qui est vu, on en fait un symbole, voire une pure image, et ainsi, on n’a plus à répondre de l’objet réel que montre l’œuvre, puisque ça n’est « qu’une image ».

4/ Y a-t-il des critères objectifs de la beauté ?

En général, il y a des conditions formelles de la beauté, qui sont les règles de l’harmonie, des proportions, de la symétrie, etc.

5/ Qu’est-ce qui distingue l’Agréable et le Beau ?

L’agréable plait aux sens réalisants. Il consiste en sensations. Le Beau plait aux sens imageants, il consiste en représentations.

6/ Qu’est-ce que la conscience imageante ?

La conscience imageante consiste à ne pas saisir l’objet comme réel (c’est-à-dire inséré dans le cadre de mon existence corporelle, concrète, dans le temps et l’espace communs), mais comme image, c’est-à-dire précisément décontextualisé de ce cadre.

7/ Expliquez la phrase de Kant : « Le Beau est l’objet d’une satisfaction désintéressée »

Nous percevons ordinairement les objets selon l’ange de nos besoins, de l’usage que nous pouvons en avoir. Mais le percevoir comme beau, c’est le percevoir tel qu’il nous apparait en faisant abstraction de l’intérêt qu’il peut représenter pour nous à titre personnel.

8/ « La Nature copie l’art » dit Oscar Wilde. Que veut-il dire par là ?

Comme avec les impressionistes et le brouillard, nous ne percevons les choses du monde que si nous en avons déjà rencontré des représentations au moment de la contemplation désintéressée des images artistiques. Notre culture influe notre manière de voir. Or, comme c’est notre manière de voir qui constitue la réalité des phénomènes, on peut dire que la nature copie la culture, l’art par exemple.

9/ A quoi sert l’art, d’après Bergson ?

L’art exprime une vision désintéressée du monde, donc pas celle que la plupart des hommes ont couramment.

10/ Quelle est la vraie tâche de l’art selon Nietzsche ?

L’art a une fonction éducatrice, formatrice, civilisatrice. L’art essentiel consiste à masquer et embellir la laideur de la vie naturelle (habillage, maquillage, danse, décoration…) et à discipliner nos actions (politesse et bonnes manières, discipline de son propre corps dans la fabrication). Les œuvre d’art ne sont que l’aspect secondaire, final (le « dessert ») de cet art essentiel.

 

La Religion

1/ Quelle différence faire entre expliquer et comprendre?

Expliquer un phénomène, c’est le relier à des causes, saisir les lois qui le déterminent

Le comprendre, c’est le saisir en lui-même en se mettant en rapport avec lui de l’intérieur.

2/ Quel rapport peut-on faire entre le fait de la conscience et l’apparition universelle de la religiosité?

La conscience nous sépare du monde. Car quand nous pensons quelque chose, nous ne le sommes plus. La religion lutte contre cet effet de séparation du monde créé par la conscience, elle nous empêche de penser pour garder l’immanence

3/ Quelle est la fonction épistémologique de la religion d’après Hume?

La religion est une manière anthropomorphique d’expliquer les phénomènes

4/ La religion est la métaphysique du peuple, d’après Schopenhauer. Expliquez

La religion énonce des vérités épistémologiques et morales, mais elle le fait de manière allégorique par des récits et des images, non par des idées et des théories. C’est parce que le peuple, peu éduqué, ne peut comprendre ces dernières, trop abstraites, et qu’il faut donc les lui apprendre sous la forme d’images.

5/ Pourquoi, pour Nietzsche, le fanatisme est-il l’essence de la religion?

Le fanatisme permet aux hommes qui ont peu de volonté d’avoir des commandements simples à exécuter, et ainsi leur permettre d’exercer leur volonté à le faire et sortir de leur indécision.

6/ L’histoire de la religion est l’histoire de sa disparition, d’après Durkheim. Pourquoi?

Peu à peu dans l’histoire, la religion disparait de la vie concrète, sociale, économique, scientifique… devient de plus en plus « éthérée », spirituelle, intérieure. Elle a donc de moins en moins d’effets sur la vie pratique.

7/ « Croyant non pratiquant ». Qu’en penserait Alain?

Pour Alain, la religion consiste essentiellement en pratiques, rituelles, qui scandent et organisent la vie humaine. Si on ne suit plus les rituels concrets, il ne reste plus que la croyance, qui n’est qu’une abstraction et disparaitra

8/ « La religion est l’opium du peuple » pour Marx. Expliquez.

La religion délivre un discours de consolation (vie éternelle, etc) aux plus miséreux, ce qui leur permet d’oublier la misère de leur condition réelle, et donc aussi de ne pas se révolter contre elle.

 

L’histoire (TL, TES)

1/ Pourquoi étudier l’histoire?

Par devoir de mémoire – pour retirer les expériences du passé – pour relativiser notre présent – pour se nourrir de modèles humains –

2/ Les dangers de l’étude de l’histoire d’après Rousseau et Nietzsche

Pour Rousseau : que l’histoire ne dépeint que les mauvais côté de l’homme

Pour Nietzsche : qu’elle nous surcharge du poids du passé

3/ Y a-t-il une histoire de l’histoire?

Oui, l’histoire au début n’était que chroniqueuse. Elle a aussi été édifiante et hagiographique à des fins idéologiques. L’histoire comme science du passé ne date que du 19ème siècle

4/ Quel problème se pose au chroniqueur?

Qu’il doit noter ce qui, dans son présent, aura dans le futur un intérêt historique, alors qu’il ne connait pas encore ce futur.

5/ En quoi l’historien a-t-il une démarche scientifique? (L. Febvre)

Parce que les faits historiques déterminants ne sont pas forcément des événements ponctuels, donc ils ne se constatent pas. L’historien doit donc, comme tout scientifique, avancer des hypothèses et les vérifier en voyant si les événements passés concordent avec son hypothèse explicative

6/ Pourquoi, selon Schopenhauer, l’histoire ne peut pas être considérée comme une science?

Parce qu’elle n’a pas de lois générales qui subordonnent les événements particuliers, contrairement aux sciences exactes.

7/ Quels buts différents peut-on assigner à l’écriture de l’histoire?

Expliquer le présent. Ou connaître le passé tel qu’il était vécu, ce qui est très différent.

8/ Qu’est-ce que serait un « sens de l’histoire »?

Ce serait le fait que l’histoire humaine se dirige vers des idéaux, vers un idéal même, que tout y convergerait plus ou moins secrètement.

 

La Vérité

1/ « A chacun sa vérité » – que penser de cette expression courante?

Cela veut dire « à chacun ses croyances », mais c’est contradictoire avec l’idée de la correspondance avec la réalité, qui elle, est bien unique.

2/ Qu’est-ce qui distingue la vérité de la réalité?

Ce qui peut être vrai ou faux, ce n’est pas la réalité, mais ce qu’on en dit

3/ Quelle objection peut-on faire à la théorie de la vérité-correspondance?

Pour voir si mon énoncé est vrai, je dois le comparer à la réalité, mais puisque de la réalité, je ne peux en avoir que des représentations, je ne fais que comparer une représentation avec une autre représentation.

4/ Quels arguments a pour elle la théorie de la vérité-cohérence?

L’argument ci-dessus. Au bout du compte, ce qui fait qu’on dit « vrai » un énoncé, c’est qu’il est cohérent autant que possible avec tous ceux qu’on tient déjà pour vrais.

5/ L’énonciation doit-elle être considérée pour évaluer la vérité d’une proposition?

Cf l’énoncé « La phrase est hexagonale »… elle est plus ou moins vraie en fonction des intentions de son énonciation

6/ Qu’est-ce qui rentre dans la considération de l’énonciation?

Qui est l’énonciateur, qui est le destinataire, quelle est la circonstance de l’acte d’énonciation.

7/ Quelle est la thèse de Nietzsche dans « Vérité et mensonge »?

Que ce qu’on appelle le monde n’étant que « notre représentation », les représentations qu’on dit vraies sont celles qui ont seulement pour elles d’être le plus communément admises.

La logique, la démonstration

1/ Qu’est-ce qui distingue la vérité et la validité d’une proposition?

La vérité concerne le rapport à la réalité, la validité la simple cohérence formelle du raisonnement.

2/ Qu’est-ce qu’une condition nécessaire? Suffisante?

Nécessaire : ce sans quoi cela ne peut pas exister

Suffisante : comme son nom l’indique, qui suffit pour que x existe.

3/Vocabulaire :

Induction/Déduction : du particulier au général / du général au particulier

Nécessaire/Contingent : qui ne peut pas ne pas être / qui peut être autant que ne pas être

Origine/Fondement : le commencement chronologiquement parlant / la justification dernière

Expliquer/Comprendre : saisir par les causes et les lois / se mettre du point de vue de

Absolu/Relatif : qui est ce qu’il est par lui-même / qui est ce qu’il est par son rapport à autre chose

Formel/Matériel : logique, concernant le raisonnement seul / en rapport avec son contenu.

Théorie et expérience

1/ Qu’est-ce que la loi des trois états d’Auguste Comte?

L’esprit humain passe par trois manières successives d’explication des phénomènes :

1/ Théologique : par des volontés d’être surnaturels

2/ Métaphysique : par des idéaux, des abstractions

3/ Positif : ne plus expliquer la nature des choses, mais décrire seulement comment elles s’agencent, selon quelles lois, quelles régularités.

2/ Qu’est-ce qui fait qu’une science est pour lui parvenue à l’âge adulte, positif?

En prenant la position 3

3/ Pourquoi ne peut-on pas dire que la science se contente de constater les faits?

Car les faits généraux ne se constatent pas, puisqu’on ne constate que des cas particuliers. Il faut donc supposer les faits généraux (les lois) par des hypothèses qu’on vérifie ensuite expérimentalement

4/ En quoi la science n’a-t-elle pas pour but de comprendre?

Parce qu’elle ne va jamais au-delà des phénomènes et de leurs relations

5/ Qu’est-ce qui fait la scientificité d’une hypothèse?

Il faut qu’elle soit vérifiable (ou falsifiable) par expérience

Le vivant

1/Quelles sont les caractéristiques du vivant?

Le fait d’être en échanges avec un milieu (nutrition, respiration…)

Le fait d’être un individu, l’unité d’un tout, ce qu’on appelle organisme, où le tout « précède » ses parties, qui sont des membres. Dans un mécanisme au contraire, les parties, les éléments, précèdent le tout.

2/ Le vivant a-t-il, pour Descartes, une spécificité?

Non, aucune, sinon que ses composants, de type mécanique, sont très petits.

3/ En quoi un être vivant, pour Kant, ne peut se réduire à un mécanisme?

Car il y a une « force formatrice » qui préside à l’unité de l’être (ce qui explique qu’il puisse se réparer tout seul par exemple)

4/ Qu’est-ce que la vie, d’après Bergson?

La vie, c’est la conscience qui se coule dans la matière (la nécessité) et la détourne à son profit. La conscience est liberté et création, la matière est nécessité. La vie est leur rencontre.